Religion : les pasteurs du 5e arrondissement placent l’éthique au cœur du sacerdoce

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AD  –  Libreville (Gabon) – Le Temple  de la Foi des Assemblées de Dieu d’Ozangué a fait salle comble. La Pastorale des Églises et Communautés Chrétiennes du 5e arrondissement, PEC5, y a réuni des centaines de leaders, d’ONG et d’associations chrétiennes pour une journée sans détour : « L’éthique dans le sacerdoce ».

Invité d’honneur, le Révérend Pasteur Gaspard Obiang, président du Conseil National des Églises Pentecôtistes et Évangéliques du Gabon, CNEPER, a donné le ton. Face aux dérives constatées dans certains ministères, les serviteurs de Dieu ont choisi de se regarder en face.

« Un cœur de chair avant une chaire »

Pour le Révérend Essongue Patrick Emery, président de la PEC5 et hôte de l’événement, le thème n’est pas un luxe. « Parler d’éthique, c’est parler d’intégrité, de consécration, de sainteté. Un homme de Dieu doit être un modèle. Tout message centré sur soi, sur les intérêts personnels, n’a rien à voir avec la Bible ».

Il cite Jésus : « Dans les derniers temps, il y aura de faux prophètes ». D’où l’urgence de ces assises. « Il fallait recadrer les comportements blâmables pour honorer Christ », a-t-il insisté.

Les 2 combinés du sacerdoce

Au cœur de l’enseignement, le Révérend Gaspard Obiang a posé une grille simple : le sacerdoce repose sur 2 combinés obligatoires.

Premier combiné : la transformation. S’appuyant sur Ézéchiel, il rappelle que Dieu ne « répare » pas le caractère, il le change. « Du cœur de pierre au cœur de chair ». Un cœur sensible au Saint-Esprit, capable d’accepter l’amour et la réprimande. Avant la chaire, le secret. « Il faut accepter d’être brisé par le Seigneur dans le secret avant de devenir serviteur ». Dieu donne un cœur sensible, rempli de compassion, capable d’obéir à Sa voix. Le sacerdoce commence à genoux, selon Ezéchiel, par une chirurgie spirituelle. En un mot pas de sacerdoce sans un coeur et un esprit nouveau. Une fois, cette opération réussie, le cœur changé devient le temple du Saint-Esprit car on fait l’œuvre de Dieu avec le revêtement de la puissance d’en haut et non avec nos propres capacités. Ce premier combiné du sacerdoce se résume: *par Ezéchiel, Dieu donne un cœur nouveau et par Joël, Dieu remplit le cœur de la puissance du Saint-Esprit.*

Deuxième combiné : la croix. « De ma croix à la croix de Christ ». En citant Luc 9:23, où Jésus Lui-même a dit Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même et se charge de sa croix. Se charger de sa croix, c’est crucifier ses ambitions, son confort, son orgueil. « Ma croix ne sauve personne. C’est la croix de Jésus qui sauve l’humanité », a-t-il martelé. Porter la croix de Christ, par contre, c’est accepter de souffrir non pour nos fautes mais pour les causes de Christ car le monde n’a pas besoin de voir nos sacrifices il a besoin de voir le sacrifice de Jésus.

Le Révérend Gaspard Obiang a ajouté : « Le feu de l’Esprit ne nous est pas donné pour notre confort ». Et de conclure : « Le vrai sacerdoce est celui qui vit à l’ombre du sacrifice de Jésus ». Ce deuxième combiné se résume par: du coeur brisé au saint sacerdoce.

Le Président du CNEPER est véritablement engagé à travailler à restaurer l’identité pastorale, à renforcer les capacités des jeunes serviteurs de Dieu afin qu’ils accomplissent avec efficacité, mieux que leurs pères, l’œuvre du Seigneur.

4 plaies passées au scalpel

Pour sortir du discours, la conférence a mis les mains dans le concret avec 4 ateliers pratiques animés par 4 panélistes : Révérends Essongue Patrick Emery, Yves Marius Boussougou, Hughes Tsigangoye et Cyrille Armel Moussavou.

Au menu : 1. L’argent et la transparence 2. L’abus d’autorité 3. Confidentialité et commérages 4. Relations inappropriées. Quatre sujets tabous, mais qui minent la crédibilité du témoignage chrétien quand ils sont tus.

La journée s’est achevée sur la remise de certificats de participation. Un symbole : l’éthique ne s’improvise pas, elle s’apprend et s’assume.

À Ozangué, la PEC5 a donc choisi la voie du recadrage interne plutôt que celle du silence. Message aux fidèles comme aux pasteurs : le sacerdoce commence par un cœur transformé.

MM/PIM/ad


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