AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba : Le Code de la santé durcit les règles, dès cette année, élèves et enseignants devront présenter une visite médicale et un carnet de vaccination à jour pour franchir la porte des classes, selon une source du ministèregabonais de la Santé.
Selon la source, Stylos, cahiers, uniforme… Et carnet de vaccination, la liste de la rentrée s’allonge.
Avec l’application de la section 13 du nouveau Code de la santé gabonais, les établissements scolaires et universitaires changent de statut : ils deviennent des espaces de prévention sanitaire à part entière, souligne la source.
Objectif affiché par les autorités : réduire la propagation des maladies et sécuriser l’environnement d’apprentissage. Fini le temps où la santé restait à la porte du portail. Elle entre désormais dans les salles de classe.
Le prof aussi passe à la visite
La mesure frappe à deux portes : celle des apprenants et celle des enseignants. L’article 621 est clair : « le corps enseignant est tenu d’effectuer une visite médicale en début d’année scolaire et avoir un carnet de vaccinations à jour ».
Même obligation pour les élèves. Même calendrier, même rigueur. Pour les parents et les établissements, la rentrée ne se résume plus aux inscriptions administratives. Il faut ajouter un contrôle sanitaire indispensable. Un changement significatif dans les habitudes.
Vaccins ciblés : PEV + 3 affections
Le Code va plus loin avec les élèves. L’article 622 impose d’être « à jour pour les vaccins du Programme Elargi de Vaccination ». La base. Mais le texte recommande aussi, pour une protection accrue, trois vaccins supplémentaires : Hépatite A, Méningite à méningocoque, Typhoïde.
Le message des autorités sanitaires est direct : les écoles et universités doivent devenir des espaces mieux encadrés. Dans un pays où les maladies évitables restent un enjeu majeur, et où les jeunes sont exposés à toutes sortes de pratiques, la vaccination et la visite médicale sont présentées comme deux outils complémentaires et indispensables.
De la loi au terrain : le vrai défi
Sur le papier, la réforme est ambitieuse. Elle place la prévention au cœur de la vie académique. Dans la réalité, la question brûle : comment l’appliquer concrètement dans les écoles publiques comme privées, des grandes villes aux zones rurales ?
Trois chantiers s’ouvrent :
1. *Sensibiliser les parents* pour qu’ils anticipent la visite et la mise à jour des carnets.
2. *Mobiliser les enseignants* qui doivent eux-mêmes se soumettre à l’obligation.
3. *Garantir l’accès aux soins* et aux vaccins, sans que la mesure ne devienne un frein à la scolarisation.
Car une loi, aussi volontariste soit-elle, ne protège personne si elle reste lettre morte. L’effectivité sera le juge de paix. Entre les centres de santé saturés et les établissements sous-équipés, le ministère de la Santé et celui de l’Éducation devront coordonner leurs efforts.
Une école qui protège
Au-delà de la contrainte, le Code de la santé envoie un signal fort : l’école ne transmet plus seulement des savoirs. Elle protège aussi. En rendant la visite médicale et la vaccination obligatoires, l’État fait de chaque établissement un maillon de la santé publique.
Lors de la rentrée, les directeurs d’école, les proviseurs et les parents ont un nouveau réflexe à intégrer : vérifier la santé avant de vérifier la liste des fournitures.
Le Gabon choisit de durcir le ton. Reste à voir si le système suivra pour que chaque élève, vacciné et suivi, puisse apprendre dans un environnement vraiment sûr.
MM/PIM/ad/26