AD – Libreville (Gabon) – Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde son doigt. Cet adage cadre avec une certaine lecture fortement tendancieuse, qui est faite ces derniers jours, du discours sur l’état de la nation, prononcé, le 15 juin 2026, à Libreville, par le président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguéma, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès.
Dans son adresse, le chef de l’Etat a abordé la question des recettes municipales et leur utilisation. Sa chute surtout: » à un moment donné, il faut réfléchir, je ne peux pas réfléchir à la place de tout le monde », a donné lieu à une interprétation malveillante.
Certains esprits malins, malicieux et mal intentionés ont fait croire que le président de la République pointait du doigt le maire de la commune de Libreville, Eugène Mba. Le réalisateur de la première chaîne de télévision gabonaise (Gabon 1ère) a accentué cette fausse impression en faisant un gros plan sur le maire pendant que le chef de l’Etat s’exprimait sur ce volet précis de son allocution. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’embrasent. Les détracteurs de l’édile ont tôt fait de prendre pour argent comptant les propos du chef de l’Etat et de les brandir comme un trophée à leur avantage.
Désinformation
Cette lecture erronée, partie d’un prisme déformant de la réalité des propos du chef de l’Etat est faite à dessein. Elle a pour objectif de noircir et de nuire au maire Eugène Mba, déjà victime d’une cabale, qui a démarré bien avant même son installation sur le fauteuil municipal, et qui se poursuit dans les coulisses, à travers moult coups tordus et trahisons avérées à la judas Iscariote.
Il n’est jamais venu à l’idée de quiconque d’intégrer les propos du président de la République dans le contexte d’une figure de style bien connue: la synecdoque. Parfois confondue avec la métonymie, fondée sur le principe de l’inclusion, cette figure de rhétorique permet d’exprimer la partie pour le tout. Exemple: une main ouvrit la porte (la main se substitue à l’homme).
Autrement dit, le « je ne peux pas réfléchir à la place de tout le monde » du chef de l’Etat va au-delà de la simple personne du maire de Libreville, et englobe un ensemble plus vaste dans lequel se retrouvent tous ceux qu’il a appelés à ses côtés pour bâtir un autre Gabon, un pays moderne.
Un discours sur l’état de la nation est un exercice de haute voltige politique, un grand moment, parce qu’il permet au président de la République de faire le point sur la marche de la Nation, de jeter un regard panoramique sur la situation politique, économique et sociale du pays.
Vouloir le circonscrire à la seule personne d’Eugène Mba et de la seule institution municipale est tout simplement absurde, parce que réducteur.
La synecdoque
Nombre d’entités et d’administrations de la République, sinon toutes sont concernées, minées qu’elles sont par de profonds dysfonctionnements, parfois pires, que ceux reprochés à la mairie de Libreville. Si tel n’était pas le cas, le Gabon, notre cher pays, ne serait pas en butte à toutes ces difficultés insondables.
Avec ses immenses ressources forestières, minières, pétrolières, diamantifères, aurifères, notre pays serait alimentairement autosuffisant et doté de toutes les infrastructures routières, portuaires, ferroviaires et aéroportuaires.
Ses habitants, les Gabonais, seraient à l’abri du besoin, ils auraient tous un toit et mangeraient chaque jour à leur faim. Or, si tel n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui, c’est parce que la machine est grippée quelque part. Et tous les régimes qui se sont succédé à la tête du pays, jusqu’au coup de libération du 30 août 2023, sont responsables du délitement.
Si chacun au niveau de l’appareil de l’Etat, avait correctement joué sa partition, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, ne serait pas contraint d’être sur tous les fronts, de mettre les bouchées doubles, pour rattraper le retard immense qu’accuse son pays où tout ou presque est à faire ou à refaire.
Si on est là aujourd’hui, c’est parce que tout le monde a failli. L’échec est général et généralisé. Personne, aucune administration ou institution ne peut être indexée en particulier. Ceux qui ont cru à tort que le président de la République s’adressait uniquement au maire de Libreville font fausse route. Ils n’ont rien compris à son message car aveuglé par une idée fixe: nuire au maire de Libreville.
A travers Eugène Mba, le chef de l’Etat s’adressait, en réalité, à tous les dépositaires d’une once d’autorité ou de responsabilité. C’est le principe même de la synecdoque: la partie pour le tout.
Recommandations
On pourrait aussi dire que si le chef de l’État a interpellé plus particulièrement le maire de Libreville, sur les recettes municipales c’était pour attirer son attention sur celles-ci, leur gestion orthodoxe et leur utilisation rationnelle.
Eugène Mba n’est en poste que depuis deux mois, il est inimaginable qu’il se soit déjà rendu coupable de fautes lourdes, au point de se faire remonter les bretelles publiquement par le président de la République.
Même si cela ne le dédouane de rien de n’être en fonction que depuis quelques semaines, force est cependant de reconnaître que personne ne peut être jugé sur le passif ou les erreurs de quelqu’un d’autre.
Le président de la République a tout simplement voulu recommander au nouveau maire de se singulariser, en faisant autrement que tous ses prédécesseurs y compris des délégations spéciales qui n’ont pas brillé par leur ingéniosité dans la gouvernance municipale et l’utilisation des recettes municipales.
Tout le mal que l’on peut souhaiter à un édile en début de mandat, c’est qu’il ne tombe pas dans les mêmes travers que ses devanciers et qu’il corrige leurs erreurs de façon magistrale. Et c’est tout ce qu’il fallait retenir du message du chef de l’Etat, notamment sur le volet des recettes municipales. Ceux qui en ont fait une autre lecture sont tout simplement de mauvaise foi. Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde son doigt.
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