Discours à la Nation : Pour Geoffrey Foumboula, Oligui Nguema trace une « feuille de route sans fard »

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AD  – Libreville (Gabon) – Après l’adresse du président Brice Clotaire Oligui Nguema sur l’état de la Nation, les réactions se multiplient. Contacté par _Afrique Actualité 241_, Geoffrey Foumboula Libeka Makosso, figure de la société civile et défenseur de la démocratie participative, a livré une lecture sans détour du message présidentiel.

Pour lui, le chef de l’État n’a pas choisi la langue de bois. Il a opté pour la clarté. D’abord, le diagnostic. Celui d’un Gabon de 2023 laissé à terre : une dette qualifiée d’ »abyssale », une administration à bout de souffle, des entreprises publiques en survie, et un tissu social fracturé. L’acteur civique rappelle des plaies encore vives : l’affaire Poste Bank et ses épargnants bloqués, des milliers de jeunes diplômés sans débouchés, les exils forcés après 2016 et les atteintes aux droits humains qui ont suivi.

« Corriger avant de bâtir »

Là où Geoffrey Foumboula salue la posture présidentielle, c’est sur la méthode. « Il aurait pu balayer ces dossiers en les rangeant dans la case ‘héritage du passé' », analyse-t-il. « Il a fait le choix inverse : assainir les dysfonctionnements tout en déroulant les promesses de son mandat ». Une logique de réparation avant d’accélérer sur les chantiers.

Les institutions parlent le même langage

Autre point retenu : l’appel à la synergie entre pouvoirs. L’expert cite l’exemple concret de la loi de finances. CESEC, gouvernement, Parlement travaillent désormais de concert. Pour l’acteur civique, ce n’est pas de la communication. C’est le signe d’un État qui cherche son efficacité en cassant les silos.

Le Fonds 4, « révolution silencieuse » pour l’informel

Mais la mesure qui retient surtout son attention s’appelle Fonds 4. En tant que coach en entrepreneuriat, Geoffrey Foumboula y voit un tournant. Artisans, commerçants, taximen, influenceurs… Le secteur informel, poumon économique ignoré, entre enfin dans le cadre légal.

« Carte professionnelle, reconnaissance juridique, cotisation CNSS, droit à la retraite : pour la première fois, l’État tend la main à ces Gabonais invisibles », souligne-t-il. Plus concret encore : avec un statut, l’artisan pourra frapper à la porte des banques et décrocher un crédit. Fini le système D.

Vers une nation plus juste

Au final, l’analyse de Geoffrey Foumboula est simple : ce discours ne vend pas du rêve, il organise la transformation. En intégrant les indépendants à la protection sociale, le Fonds 4 réduit la fracture entre fonctionnaires et « débrouillards ». C’est, selon lui, le sens même de la justice sociale.

« On sort de la promesse pour entrer dans la responsabilité collective », conclut-il. Une ambition : un Gabon qui protège tous ses travailleurs, pas seulement ceux qui ont un matricule.

MM/PIM/ad/26


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