AD – Libreville (Gabon) – aà Il aura fallu dix ans pour qu’un mot remplace l’amertume : « remboursés ». Ce jeudi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé à Libreville le lancement officiel de l’opération de désintéressement des épargnants de Poste Bank S.A. Un acte fort pour clore un préjudice social qui gangrenait la relation entre l’État et des milliers de Gabonais.
« La parole publique devient acte »
Le dossier Poste Bank était devenu le symbole des passifs que l’État n’arrivait pas à digérer. Le Chef de l’État l’a tranché. En mobilisant 105 milliards de francs CFA, l’État règle les avoirs des fonctionnaires spoliés. Objectif affiché : restaurer la crédibilité de la parole publique et prouver que l’État peut traiter les dossiers complexes sans les enterrer.
Au-delà du chèque, le message est politique. « Cette opération s’inscrit dans une démarche de réparation, de transparence et de moralisation de la gestion publique », a souligné la Présidence. Pour garantir l’équité, des audits approfondis et des vérifications croisées ont précédé chaque versement. L’exigence d’intégrité avant tout, pour regagner la confiance des citoyens.
Relance et modernisation : l’après-Poste Bank
Le Président ne s’est pas arrêté au remboursement. La cérémonie a aussi acté l’avenir. Très demandée par le Collectif des épargnants, la relance du carnet d’épargne postale est désormais sur les rails. L’ambition : reconstruire un outil postal moderne, accessible, capable de sécuriser l’épargne populaire, surtout pour les ménages les plus modestes. Un levier direct de souveraineté économique et d’inclusion financière.
Sur le terrain, le Chef de l’État a voulu voir par lui-même. Après la remise symbolique des chèques et des échanges directs avec les premiers bénéficiaires, il a assisté aux opérations de billetage. Cap ensuite sur la boutique des timbres et le Data Center de La Poste. Vidéo à l’appui, il a pris la mesure des infrastructures technologiques déployées pour éviter que l’histoire ne se répète.
Clap de fin républicain
L’événement s’est conclu par la cérémonie solennelle de descente des couleurs. Un moment protocolaire, mais chargé de sens : clore une décennie de contentieux pour ouvrir un cycle de modernisation des services publics et de rapprochement entre l’État et ses citoyens.
Avec ce déblocage de 105 milliards, le pouvoir tranche dans le vif des dossiers hérités. Reste à transformer l’essai : que le nouvel outil postal tienne ses promesses de proximité et de sécurité.
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