Justice: la caravane du barreau du Gabon met le cap sur l’arrière pays

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AD  – Libreville (Gabon) – Par Moyaza Madiba: A Lambaréné (centre) et Mouila (sud), faire descendre la robe noire de son piédestal est le pari que le barreau du Gabon a relevé une fois de plus avec sa 3ᵉ caravane juridique.

Pendant quatre jours, des avocats ont quitté Libreville pour poser leurs valises à Lambaréné et à Mouila dans les provinces du Moyen-Ogooué et la Ngounié. Objectif : écouter, conseiller, orienter. Gratuitement.

Loin des tribunaux, la justice s’est installée à la mairie du 2ᵉ arrondissement de Lambaréné puis au complexe administratif de Mouila. Tables, dossiers, questions simples mais essentielles : mariage, succession, litiges fonciers, droit du travail. Des centaines de citoyens sont venus, souvent pour la première fois, poser un mot sur un problème qui les rongeait depuis des années.

Une justice qui va vers les gens, pas l’inverse

Le constat est partagé par les autorités locales présentes : le besoin est réel. Pour beaucoup d’habitants de l’intérieur, consulter un avocat relevait jusque-là du parcours du combattant, entre distance et coût. La caravane a brisé cette barrière.

« Voir des hommes de loi prendre le temps d’expliquer sans facturer, c’est une première pour certains », confiait un bénéficiaire à la sortie du stand.

Derrière chaque consultation, l’idée est simple : démystifier le droit, donner des repères, éviter que l’ignorance ne se transforme en injustice.

Plus de 450 visages, 450 situations

Au compteur : plus de 450 consultations réalisées entre les deux villes. Lambaréné a mobilisé environ 150 personnes, Mouila près de 300. Des chiffres qui dépassent les attentes des organisateurs et qui traduisent une attente forte.

Les principaux dossiers ? Les actes d’état civil en tête, suivis des conflits liés au travail. Deux problématiques récurrentes qui freinent l’accès aux droits fondamentaux : sans acte de naissance, pas d’école ni de pièce d’identité. Sans respect du code du travail, pas de dignité dans l’emploi.

Du conseil à l’action publique

Pour le bâtonnier Maître Raymond Obame Sima, cette opération dépasse le simple geste solidaire.

« Notre mission ne s’arrête pas à la consultation. Il s’agit de remonter les difficultés du terrain aux autorités compétentes, avec des propositions concrètes pour améliorer le service public de la justice », a-t-il dit.

Un rapport sera donc transmis, avec en ligne de mire : simplifier les procédures d’état civil et renforcer le contrôle du droit du travail.

Soutenue par le ministre de la Justice, des Sports et de la Culture, la caravane confirme une volonté : rendre la justice lisible et accessible à tous, pas seulement à ceux qui vivent dans la capitale.

Les bénéficiaires l’ont dit haut et fort : ils veulent que ça continue. Que d’autres provinces soient touchées. Que la robe noire devienne une présence régulière, pas un événement exceptionnel. Le barreau a ouvert une brèche. À charge maintenant pour l’institution et l’État de l’élargir.

MM/PIM/ad/26


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