AD – Libreville (Gabon) – Niantou Tchitembo : Dans le cadre de la politique d’autonomisation de la jeunesse portée par le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, Zenaba Gninga Shaning, ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes a signé mercredi une convention tripartite avec la Société de garantie du Gabon (SGG) et l’établissement bancaire Épargne et développement du Gabon (EDG Bank), partenaires appelés à faciliter l’accès des bénéficiaires au financement.
Cet accord acte le lancement immédiat d’abord à Libreville, d’un programme pilote destiné à former, équiper et financer 400 jeunes gabonais âgés de 18 à 40 ans, issus des neuf provinces, dans cinq secteurs ciblés avant un déploiement progressif dans les neuf provinces du pays.
Les bénéficiaires seront orientés vers cinq secteurs considérés comme porteurs d’activités génératrices de revenus : la petite restauration, notamment la braise, la pâtisserie, la décoration événementielle, l’informatique et les services liés à l’intelligence artificielle, ainsi que la vente de lubrifiants automobiles.
Le dispositif prévoit une formation courte de deux à trois semaines maximum, suivie d’un accompagnement entrepreneurial et d’un financement destiné à permettre aux bénéficiaires de démarrer effectivement leurs activités.
« Quand ils sortiront de ces formations, ils auront des kits de démarrage », a expliqué la ministre Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes, Zenaba Gninga Shaning qui entend ainsi dépasser le modèle des programmes limités à la formation théorique, afin de permettre aux jeunes de disposer rapidement d’une activité génératrice de revenus, mais aussi de créer progressivement des emplois.
Pour répondre à l’un des principaux enjeux du programme, la Société de garantie du Gabon jouera son rôle de garantie auprès des établissements financiers, tandis qu’EDG devra accompagner les bénéficiaires dans la mise à disposition des crédits.
Selon le représentant d’EDG, les financements seront proposés à un taux de 6 % TTC, présenté comme particulièrement avantageux pour les petites activités économiques.
Les responsables du dispositif envisagent instaurer un mécanisme qui permettra aux entrepreneurs ayant fait preuve de sérieux dans le remboursement et dans la gestion de leur activité d’accéder par la suite à des financements plus importants.
Pour la SGG, cette initiative s’inscrit directement dans sa mission de faciliter l’accès au crédit des TPE, PME et start-up.
La garantie doit notamment permettre de réduire les difficultés habituellement rencontrées par les petits entrepreneurs pour obtenir un financement bancaire.
Après cette première cohorte de 400 jeunes, le dispositif doit être reproduit dans d’autres provinces, notamment à Lambaréné, Franceville et Tchibanga dans la Nyanga, avec l’ambition de multiplier les bénéficiaires au fil des cycles et d’atteindre 16.000 jeunes gabonais d’ici 2027.
« 400 jeunes accompagnés, c’est 400 familles gabonaises qui sortent de la pauvreté », a déclaré la ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes, insistant sur la nécessité de privilégier des programmes produisant un impact économique directement visible.
Cette orientation intervient alors que le gouvernement travaille également sur un projet de texte relatif à la nationalisation de certains secteurs d’activité.
Pour la ministre, l’ouverture de ces opportunités aux nationaux doit être précédée par la mise à niveau des compétences et par la création des conditions permettant aux jeunes gabonais de se positionner dans les secteurs concernés.
Les candidats devront présenter un dossier comprenant une lettre de motivation et un CV.
Les candidatures peuvent être effectuées via la plateforme numérique de l’Espace PME, ainsi que dans les directions provinciales du ministère, pour les candidats résidant à l’intérieur du pays.
Les premières formations débuteront dès septembre 2026, les jeunes sont invités à se manifester massivement.
Le ministère rappelé que la sélection sera arrêtée une fois le quota de 400 bénéficiaires atteint.
Au-delà de la formation et du financement initial, le ministère prévoit un accompagnement comprenant la structuration des projets, l’incubation et le suivi des bénéficiaires après leur installation.
Autre annonce importante de cette conférence de presse : la participation des jeunes innovateurs gabonais à la 2e édition 2026, du Défi d’Innovation Numérique de la ZLECAf.
Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 4 septembre 2026. Le concours vise les jeunes Africains âgés de 18 à 35 ans capables de proposer des solutions numériques destinées notamment à faciliter le commerce intra-africain.
Les projets recherchés concernent plusieurs domaines notamment l’intelligence de marché, e-commerce et logistique, services transfrontaliers, facilitation du commerce, compétences entrepreneuriales et services financiers numériques.

Le parcours prévoit notamment la présélection de 50 innovateurs, la sélection de 10 lauréats et la désignation de cinq grands gagnants.
Les innovations retenues pourront bénéficier d’une visibilité à l’échelle africaine, de mentorat, de mise en réseau, ainsi que d’opportunités de financement et de partenariats.
Pour le ministère, l’enjeu est désormais de permettre aux entrepreneurs gabonais de sortir d’un marché exclusivement national et de profiter des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.
La ministre a ainsi plaidé pour une meilleure participation des entrepreneurs gabonais aux différents programmes de la ZLECAf, estimant que ces opportunités ne doivent pas profiter uniquement aux porteurs de projets d’autres pays africains.
Le concours numérique constitue, selon elle, une occasion pour les jeunes gabonais de développer des solutions pouvant répondre aux besoins du commerce africain et, à terme, de conquérir des marchés au-delà des frontières nationales.
À travers ces deux initiatives, le ministère du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes veut donc articuler formation, financement, accompagnement et ouverture sur le marché africain.
Le premier dispositif mise sur des activités concrètes et rapidement accessibles afin de favoriser l’autonomisation économique d’une première cohorte de 400 jeunes.
Le second entend pousser les jeunes innovateurs vers le numérique et les opportunités de la ZLECAf.
Les jeunes intéressés par le programme d’autonomisation sont invités à préparer leurs dossiers sans attendre, tandis que les porteurs de projets numériques disposent jusqu’au 4 septembre 2026 pour candidater au Défi d’Innovation Numérique de la ZLECAf.
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