AD – Libreville (Gabon) – Un demi-hectare de riz Cheyi à Nyali, des parcelles de soja et d’arachide rouge à Mougoutsi, et un pari national : produire localement la provende qui nourrira les élevages gabonais.
En séjour dans la capitale provinciale de la Nyanga pour la célébration en différé de la fête des mères, la Première dame Zita Oligui Nguema a visité le week-end dernier les champs pilotes du PNSAV-PS, ce programme qui veut faire basculer le Gabon de l’importation vers l’industrialisation agricole.
De la fête des mères aux champs d’avenir
Accueillie par la forte collaboration entre le Programme National de Sélection et d’Amélioration Végétale et de Production de Semences et la direction provinciale de l’agriculture, Mme Oligui Nguema a découvert les essais de performance agronomique du soja et de l’arachide rouge.
Deux cultures clés pour deux urgences : diversifier l’économie de la Nyanga et répondre à l’interdiction gouvernementale d’importation de poulet de chair prévue en janvier 2027.
Car le défi est technique. Sans poulet importé, il faut nourrir les élevages locaux. Le CENAREST et ses démembrements ont donc lancé un travail scientifique pour fabriquer la provende made in Gabon. Première étape : tester ce qui pousse chez nous.
43 variétés passées au crible
Le PNSAV-PS a introduit 43 nouvelles variétés étrangères dans son chronogramme : 11 de soja, 11 d’arachide, 13 de maïs, 4 de haricot et 4 de niébé. Objectif, selon la coordinatrice Dr Yonnelle Moukoumbi : des tests de performance pour ne garder que celles qui s’adaptent aux climats de chaque localité.
Deux sites pilotes portent déjà les premiers résultats. À Mougoutsi, Tchibanga, les essais soja-arachide rouge affichent des rendements prometteurs. À Kougouleu, dans l’Estuaire, le ministre de la Recherche scientifique a récemment constaté l’avancée sur soja, maïs, haricot, niébé, arachide… et la multiplication des semences des trois variétés de riz homologuées en 2025.

Le riz Cheyi, vitrine de la Nyanga
Devant la Première dame, Dr Moukoumbi a présenté ces trois variétés de riz. L’une d’elles, Cheyi, est déjà en expérimentation paysanne sur un demi-hectare à Nyali, dans la Nyanga. Elle est aussi plantée sur trois sites de l’Estuaire : Ça m’Étonne, Evinafong et Akok. Les premières récoltes sont attendues en septembre. Un calendrier serré pour une variété qui pourrait devenir un repère de la sécurité alimentaire.
L’arachide, plus qu’une provende
Au-delà de l’élevage, l’arachide rouge de la Nyanga vise plus haut. Hormis son rôle dans la formulation de la provende, elle peut relancer l’économie provinciale : pâte d’arachide, huile alimentaire recommandée par les médecins, revenus pour les coopératives. Une culture double impact, nutrition et valeur ajoutée locale.
Touchée par le dynamisme des équipes, Zita Oligui Nguema a promis de se rendre dans les prochains jours sur le site de Kougouleu. Un déplacement stratégique qui confirme la priorité donnée aux projets à fort impact.
Ces deux champs d’essai ne testent pas que des graines. Ils évaluent l’adaptation, le rendement, et surtout la capacité du Gabon à diversifier ses cultures, sécuriser son alimentation, créer des revenus durables et produire sa propre protéine végétale. Le tout en préparant, dès janvier 2027, le jour où les élevages gabonais mangeront 100% gabonais.
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