AD – Libreville (Gabon) – Mozaya Madiba : Depuis mercredi dernier, les abonnés Canal+ en Afrique n’ont plus retrouvé TF1, TMC, LCI et 4 autres chaînes du groupe français, a-t-on constaté.
Selon une sourece bien informée, motif avancé, l’echec des négociations entre les deux parties sur le prix de la diffusion et l’avenir du modèle pay-TV._
Zapping impossible. Mercredi, en allumant leur décodeur, des millions d’abonnés Canal+ ont découvert un écran noir à la place des chaînes TF1. En Afrique comme en France et en Suisse, le groupe a coupé le signal. Coup de tonnerre dans le paysage audiovisuel.
Le divorce est acté. Canal+ et TF1 n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le renouvellement de leur contrat de distribution. Résultat : 7 chaînes TF1 disparaissent des bouquets Canal+ en Afrique.
En France et en Suisse, c’est TV Breizh, Ushuaïa TV et Histoire TV qui sautent.
TF1 dénonce, Canal+ se justifie
Chaque camp a dégainé son communiqué. Et chacun rejette la faute sur l’autre.
TF1 joue la carte de l’émotion et du service public : le groupe « regrette ce choix, qui prive des téléspectateurs fidèles de chaînes qu’ils plébiscitent et qui fragilise le secteur du documentaire dans son ensemble ».
Pour TF1, Canal+ a pris une « décision » unilatérale qui l’oblige désormais à « réfléchir à sa stratégie de distribution », alors que « l’offre digitale se développe à vive allure ».
De son côté, Canal+ parle d’ »échec des discussions » avec TF1. Le groupe se dit prêt à « reprendre » les négociations pour « parvenir à un accord reposant sur des bases raisonnables, équilibrées et pérennes, préservant les intérêts des deux groupes ». Traduction : on veut bien discuter, mais pas à n’importe quel prix.
Canal+ rappelle qu’il n’est pas qu’un diffuseur. Il produit ses propres contenus, agrège des offres extérieures via sa plateforme, et entretient des partenariats « de long terme avec l’ensemble des grands acteurs historiques français, ainsi qu’avec les principales plateformes internationales de streaming ».
En Afrique, Canal+ roi, TF1 fragilisé
Le choc est plus fort sur le continent. Canal+ y est l’opérateur pay-TV dominant depuis des décennies. Pour TF1, perdre ce distributeur, c’est perdre une audience massive et des revenus de droits.
Concrètement, les chaînes coupées en Afrique sont : TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI, Ushuaïa TV et Histoire TV. En France, les abonnés Canal+ perdent TV Breizh, Ushuaïa TV et Histoire TV.
TF1 n’est pas totalement coupé du monde. En France métropolitaine, les chaînes restent disponibles chez Bouygues Telecom, Orange ou Free. En Afrique, les téléspectateurs devront passer par d’autres opérateurs ou se tourner vers le streaming via MyTF1.
La guerre des bouquets a commencé
Au-delà du bras de fer financier, cet épisode révèle une tension de fond. Canal+ veut maîtriser ses coûts face à la concurrence de Netflix, Disney+ et autres. TF1 veut valoriser son catalogue et ses chaînes thématiques.
Chacun défend son modèle : Canal+ veut des « bases raisonnables » pour acheter des chaînes tierces. TF1 veut que ses programmes soient vus par le plus grand nombre, même au prix fort.
En attendant un hypothétique accord, les téléspectateurs font les frais de la bataille. Et la question se pose : à l’heure du streaming, qui a vraiment besoin de qui ? Canal+ sans TF1, ou TF1 sans Canal+ ?
La balle est dans le camp des négociateurs. Pour l’instant, l’écran reste noir.
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