AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – Le gouvernement gabonais promet une bouffée d’oxygène à Port-Gentil. Mardi 8 septembre 2026, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a annoncé à la Foire municipale Pierre-Louis Agondjo Okawé un vaste programme d’investissements : près de 100 milliards de FCFA pour l’eau potable et un renforcement de 90 MW des capacités électriques de la capitale économique.
Objectif affiché : répondre aux coupures récurrentes qui pénalisent ménages et entreprises dans une ville en pleine croissance démographique.
L’eau : un chantier de 100 milliards conditionné au financement
Le constat du ministre est sans détour. Port-Gentil est passée de 66 000 à près de 198 000 habitants en cinquante ans. Les infrastructures n’ont pas suivi. A cela s’ajoute l’intrusion saline sur la prise d’eau de Mandorové, qui bloque la production en saison sèche.
Actuellement, le système produit environ 21 000 m³ par jour, selon Sidney Boris Mambari Tsende, directeur général de l’Eau. Il s’appuie sur une conduite de 32 km et 255 km de réseau urbain.
Le projet présenté vise à inverser la tendance. Première phase : une nouvelle prise d’eau, un bassin de rétention d’eau brute et une station de traitement de 50 000 m³ par jour. A terme, la capacité doit doubler pour atteindre 100 000 m³ par jour.
Le bassin doit servir de réserve lorsque la salinité de l’Ogooué est trop élevée. Deux nouveaux châteaux d’eau de 5 000 m³ sont prévus à l’aéroport et à Ntchengué. Les ouvrages existants seront réhabilités et 120 km de réseau supplémentaires doivent porter la couverture à environ 90% de la ville.
Coût total : près de 100 milliards de FCFA. Le ministre a évoqué des engagements avec des partenaires étrangers, sans préciser les montants sécurisés. Le démarrage des travaux est attendu avant fin 2026, ou début 2027 au plus tard, sous réserve de boucler le financement.
L’électricité : 50 MW dès octobre, 90 MW au total
Sur l’électricité, le calendrier est plus rapproché. Yann Yangari, responsable d’Aksa Gabon, a confirmé l’arrivée de deux turbines de 25 MW. Déjà sur site, elles doivent remplacer d’anciennes unités et fournir 50 MW.
La première production est annoncée dans 40 à 45 jours, soit mi-octobre. Des perturbations sont possibles pendant les essais et raccordements.
A ces 50 MW s’ajouteront 40 MW issus d’un autre projet, pour atteindre le renforcement de 90 MW promis par le ministre. A terme, la puissance installée pourrait monter à 125 MW, pour une demande de pointe estimée entre 45 et 48 MW. La marge doit permettre de limiter les délestages et d’accueillir de nouvelles activités industrielles.
Les autorités misent aussi sur plusieurs centaines d’emplois directs et des marchés pour les PME locales.
Deux rythmes, un même défi
Face aux élus et opérateurs économiques, Philippe Tonangoye a appelé à la patience. « Je ne suis pas venu faire des discours », a-t-il lancé.
Deux temporalités se dégagent donc : une amélioration électrique rapide, avec les turbines opérationnelles en octobre, et une transformation hydraulique plus lente, suspendue à la finalisation du financement.
Pour les habitants de Port-Gentil, la mesure de ces annonces se fera à l’usage : moins de coupures d’eau, moins de délestages, et une distribution plus régulière.
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