Gabon : un ambassadeur menacé d’expulsion à Paris, l’image de la diplomatie gabonaise écornée

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AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – Le représentant du Gabon en France, Alfred Nguia Banda, fait l’objet d’une procédure d’expulsion de son domicile parisien pour impayés de loyers, selon des informations publiées par AfriScope Media et Africa Intelligence. Une dette de 9 749,13 euros, soit près de 7 millions de francs CFA, serait restée impayée depuis novembre 2024.

L’affaire, si elle se confirme, dépasse le cadre d’un litige locatif privé. Elle interroge directement la capacité du Gabon à assurer les conditions de fonctionnement de sa représentation diplomatique à l’étranger, et vient jeter une ombre sur les ambitions de renouveau affichées par les autorités de la Ve République.

Une créance de deux ans sans règlement

Qu’un ambassadeur, chargé de porter la voix du Gabon sur l’une des scènes diplomatiques les plus médiatisées au monde, soit confronté à une procédure d’expulsion interroge.

Au regard des budgets de représentation de l’Etat, le montant de la dette apparaît modeste. Sa durée en revanche pose question : près de deux ans d’impayés sans intervention visible du ministère des Affaires étrangères.

Trois hypothèses se dégagent : un défaut de versement des indemnités de fonction, une carence administrative dans le suivi des représentations à l’étranger, ou un désintérêt pour le quotidien des agents nommés. A ce stade, le silence des autorités compétentes ne permet pas de trancher et alimente le malaise.

Sollicitée, la ministre des Affaires étrangères, Marie Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Un symptôme pour la diplomatie gabonaise

Au-delà du cas individuel, la situation d’Alfred Nguia Banda illustre une fragilité plus structurelle. Un ambassadeur sous la pression d’un bailleur perd une part de sa capacité de négociation. Il est plus difficile pour lui de défendre les intérêts économiques, politiques ou culturels du Gabon face à ses interlocuteurs français.

Pour les observateurs, l’épisode renvoie à l’image que projette le Gabon à l’étranger. Une représentation diplomatique en difficulté matérielle risque d’être perçue non comme l’expression d’une souveraineté, mais comme la vitrine d’une désorganisation administrative.

Les autorités gabonaises, qui revendiquent un « nouveau souffle » pour leur diplomatie depuis l’avènement de la Ve République, sont désormais attendues. D’abord sur un règlement immédiat de la créance. Ensuite sur des garanties pour éviter que d’autres postes diplomatiques ne connaissent le même sort.

A défaut, chaque ambassade gabonaise à l’étranger pourrait apparaître davantage comme le reflet de dysfonctionnements internes que comme l’instrument d’une politique extérieure crédible.

MM/PIM/ad/26


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