Assainissement urbain: l’opération coup de poing à Nzeng-Ayong dépasse le somple déguerpissement (Décryptage)

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AD – Libreville (Gabon) – Le 5 juin 2026, l’échangeur de Nzeng-Ayong a été le théâtre d’une intervention musclée de la mairie du 6e arrondissement. Sous l’impulsion du maire Daniel Nkoulou Abessolo et avec l’appui de la police, l’opération visait à chasser l’occupation anarchique. Au-delà de l’effet d’image, cette action répond à 3 utilités concrètes pour la ville et ses habitants.

1. Rendre la ville praticable : l’utilité sécuritaire et fonctionnelle

L’échangeur de Nzeng-Ayong est un nœud stratégique de Libreville. Quand trottoirs et emprises publiques deviennent des marchés spontanés, 3 risques explosent :
1. Risque piéton: Les riverains marchent sur la chaussée. Accidentologie en hausse, surtout aux heures de pointe.
2. Risque routier : Vendeurs, étals et clients réduisent la visibilité et fluidité. L’échangeur, conçu pour désengorger, devient un goulot d’étranglement.
3. Risque d’incendie : Installations électriques sauvages + matériaux inflammables = danger permanent.

L’utilité immédiate de l’opération : remettre l’espace public dans sa fonction première. Circuler, pas s’installer. C’est un rappel que l’urbanisme, c’est d’abord la sécurité des personnes.

2. Restaurer l’autorité de la règle : l’utilité institutionnelle
Le maire martèle : “les trottoirs ne sont pas des zones de non-droit”. L’enjeu va au-delà de Nzeng-Ayong.

Après des années de tolérance, l’anarchie commerciale s’était installée comme une norme. Résultat : tout le monde perd. Les commerçants formels paient taxes et loyers, les informels occupent l’espace gratuit. La mairie ne perçoit plus de revenus pour entretenir la ville. Le citoyen perd en confort.

L’utilité politique de l’opération coup de poing : reposer l’autorité publique. À “l’ère de la Transition”, le message est clair. Le bien-être collectif prime sur les intérêts individuels qui squattent l’espace commun. Sans ce rappel, aucune politique d’aménagement ne tient.

3. Préparer l’après : l’utilité économique et sociale
Critiquer le déguerpissement sans proposer d’alternative crée juste du désordre déplacé. Là est l’angle utile du communiqué : le maire invite les commerçants vers “les marchés et espaces officiellement aménagés”.

L’utilité de fond : sortir de l’économie de survie pour entrer dans une économie organisée. Un commerçant dans un marché aménagé = accès à l’eau, l’électricité, la sécurité, la clientèle. La commune = taxes réinvesties, planification, hygiène. C’est le passage de “l’anarchie commerciale” à une filière marchande structurée. Même logique que pour le cinéma : l’argent ou l’espace seul ne suffit pas, il faut l’écosystème.

Les limites à surveiller pour que l’opération serve vraiment

Une opération coup de poing est utile pour créer le choc. Mais son utilité sur le long terme dépend de 2 conditions :
1. La constance : Si l’espace est réoccupé dans 2 semaines, le signal est perdu. D’où la nécessité d’un contrôle continu avec la police.
2. L’accompagnement : Déguerpir sans proposer de places abordables dans les marchés, c’est créer de la précarité. La mairie doit rendre l’option “formelle” plus attractive que l’option “trottoir”.

En une phrase: Cette opération est utile car elle traite le symptôme – le désordre visible – pour rouvrir la possibilité de traiter la cause : une ville où l’espace public est respecté, la circulation fluide, et le commerce organisé. C’est moins une guerre contre les commerçants qu’un plaidoyer pour la ville de demain.

MM/PIM/ad/26


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