Santé mentale et Octobre Rose : le Dr Louma Eyougha appelle à une mobilisation nationale pour les deux pathologies

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AD – Libreville (Gabon) – Par Niantou Tchitembo : Face aux difficultés psychologiques des jeunes et à la progression des addictions, le Dr Alphonse Louma Eyougha a dans une interview accordé à africdirect.com, plaidé pour une meilleure prise en charge des troubles mentaux au Gabon et cancers féminins.

L’addictologue a insisté sur la nécessité de concilier prévention des cancers féminins et promotion de la santé mentale.

La santé mentale ne doit pas être reléguée au second plan. C’est le message lancé par le Dr Alphonse Louma Eyougha , addictologue et fondateur de la clinique Alia & Zeïda.

Au cœur des échanges : le report de la célébration nationale de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, au profit du calendrier d’Octobre Rose, ainsi que l’annonce d’un mois national consacré à la santé mentale en janvier.

Pour le spécialiste, ces deux causes ne sont pas incompatibles. Il estime que la santé physique et la santé mentale sont étroitement liées, notamment chez les femmes confrontées à un diagnostic de cancer.

Selon les données annoncées, le 8 Octobre dernier en conseil des ministres , 22,7 % des jeunes Gabonais interrogés dans le cadre d’une enquête nationale déclarent avoir déjà eu des idées suicidaires.

Le Dr Louma Eyougha attribue une partie de cette détresse aux difficultés sociales, notamment le chômage, la précarité et les problèmes d’accès aux services essentiels. Il appelle à renforcer la prévention, l’accompagnement psychologique et l’accès aux soins.

Le spécialiste rappelle que la consommation d’alcool et de drogues peut provoquer ou aggraver certains troubles psychiatriques.

S’il salue les efforts des forces de sécurité contre le trafic de stupéfiants, il estime que la répression doit s’accompagner d’une prise en charge médicale des personnes dépendantes.

Fondateur de la clinique Alia & Zeïda, spécialisée dans les addictions et la prise en charge de certains troubles psychiatriques, il déplore le manque de soutien financier et institutionnel dont souffrirait sa structure.

Il appelle ainsi les autorités à renforcer les moyens des établissements spécialisés et à soutenir les initiatives associatives engagées dans la prévention.

Le Dr dénonce également les préjugés entourant les maladies mentales, encore parfois attribuées à des causes surnaturelles. Il rappelle que les troubles psychiatriques et les addictions nécessitent un accompagnement médical adapté.

Concernant les cancers féminins, il insiste sur l’importance du dépistage précoce et d’une bonne hygiène de vie et souligne également le rôle de l’alcool dans le risque de développer certains cancers, notamment celui du sein.

Pour le Dr Alphonse Louma Eyougha, le Gabon doit mettre en place une politique durable de santé mentale, fondée sur la prévention, l’accès aux soins et la lutte contre la stigmatisation.

L’enjeu n’est pas d’opposer Octobre Rose à la santé mentale, mais de faire de ces deux priorités des composantes complémentaires de la santé publique.

NT/PIM/ad/26


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