AD – Libreville (Gabon) – Par Niantou Tchitembo: Le Groupe de la Banque mondiale (BM) a officiellement lancé sa nouvelle Note de conjoncture économique consacrée au Gabon.
Placée sous le thème « Investir dans l’Éducation et les compétences pour créer davantage d’Emplois de meilleure qualité pour une croissance plus Inclusive », cette note dresse un état des lieux de la situation macroéconomique du pays et trace les perspectives de développement à l’horizon du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2026-2030).
La cérémonie de présentation s’est déroulée sous la présidence de Sylvain Kakou, Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Gabon, en présence du ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie et du Budget, ainsi que du ministre de la Planification.
Si le Gabon dispose de ressources naturelles abondantes et d’une population jeune constituant une base solide pour la diversification, la Note de conjoncture souligne des fragilités structurelles importantes.

Face à la réduction des recettes pétrolières et à une dette publique atteignant environ 80 % du PIB (avec des arriérés de 3,8 % du PIB), la restauration de la viabilité des finances publiques est devenue une urgence prioritaire.
L’étude met en évidence la pression sur les liquidités et le faible niveau des réserves extérieures (0,4 mois d’importations).
Malgré les efforts de mobilisation des recettes fiscales via la numérisation (Digitax), le poids des dépenses fiscales (403 milliards de FCFA) et le coût du service de la dette dont les intérêts absorbent 4,1 % du PIB pèsent lourdement sur les capacités d’investissement de l’État.
Au-delà de la stabilisation budgétaire, le rapport met l’accent sur les enjeux du capital humain. Malgré un accès élargi à l’éducation, le système fait face à un problème d’adéquation entre l’offre de formation et la demande du marché du travail : Le chômage touche de plein fouet les jeunes (30,5 % des 15-35 ans) et atteint 25,4 % chez les diplômés universitaires. Près de 55,4 % des travailleurs occupés se trouvent en situation de surqualification par rapport à leur emploi.
Les évaluations révèlent un faible niveau d’acquis fondamentaux, avec seulement 10,1 % des élèves de 4ᵉ année maîtrisant la lecture et les mathématiques.

Pour accélérer la croissance, réduire la pauvreté et tirer parti des opportunités offertes par la Vᵉ République, la Banque mondiale préconise quatre grands axes de réforme :
1. Gestion du budget et de la dette : Aligner les dépenses sur l’espace budgétaire réel, éliminer les arriérés et réorienter les subventions aux carburants vers des dépenses sociales ciblées (dépassant 4 % du PIB).
2. Optimisation des recettes fiscales : Étendre l’application Digitax à l’ensemble des contribuables,déployer la facturation électronique de la TVA et rationaliser les exonérations.
3. Amélioration du climat des affaires : Réduire la bureaucratie, lutter contre la corruption, numériser les procédures administratives et faciliter l’accès au crédit et aux infrastructures.
4. Renforcement de la protection sociale et de la formation : Déployer pleinement le Registre Social Unique (RSU), structurer l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) en lien étroit avec les besoins du secteur privé, et aligner les parcours académiques sur les secteurs stratégiques (bois, mines, écotourisme, agriculture).
En réponse, les autorités gouvernementales ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les réformes engagées réunir les parties prenantes pour ensemble générer une cartographie d’étude utile pour la jeunesse.
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