AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – A la veille du Conseil des Ministres délocalisé du 17 septembre 2026, les populations de l’Ogooué-Maritime montent au créneau. Elles réclament « reddition des comptes » et achèvement des chantiers financés à hauteur de 7 milliards FCFA pendant la Transition, dont 80% sont restés inachevés.
Dans une déclaration rendue publique samedi 13 septembre, des élus et représentants de la commune de Port-Gentil et des départements d’Etimboué, Bendjé et Ndougou interpellent le Président de la République.
7 milliards pour désenclaver : 1 axe livré sur 6
L’enveloppe de 7 milliards FCFA allouée à la commune de Port-Gentil visait principalement le désenclavement des quartiers et l’amélioration du cadre de vie, avec un focus sur le réseau routier.
Après « vérification sur le terrain », le bilan dressé est sévère. Sur les 6 axes majeurs programmés, un seul a été livré : l’axe tournant SEEG, derrière la station de pompage d’eau dans le 3ème Arrondissement, réalisé par l’entreprise SOCO TP.
Les 5 autres chantiers sont à l’arrêt :
1. Route Transfo Mini Prix, 2ème Arrondissement – SOCO TP : non livrée
2. Route Antenne MASSUKU – Boulangerie de l’Aéroport, 1er Arrondissement – DELORS SCES : non livrée
3. Route Boulangerie Matanda – Nouveau Marché Moukala, 4ème Arrondissement – DELORS SCES : non livrée
4. Route Carrefour Camp Boiro – Nouveau Marché Moukala, 4ème Arrondissement – DELORS SCES : non livrée
5. Réfection du Lycée d’État : 3 milliards FCFA décaissés, travaux jugés insuffisants au regard de l’enveloppe
Soit un taux d’abandon de 83%. « Avec une telle enveloppe budgétaire, 3 grands lycées modernes auraient pu être construits », regrettent les signataires.
« Un préjudice financier, social et institutionnel »
Pour les populations, les conséquences sont triples.
Sur le plan financier : « des fonds publics engagés sans résultats ». Sur le plan social : les quartiers de Massuku, Moukala, Camp Boiro et du 2ème Arrondissement restent enclavés, « avec tous les désagréments en saison des pluies ». Sur le plan institutionnel : « un sentiment d’abandon et de rupture de confiance entre les populations et l’action publique ».
Trois revendications avant le Conseil des Ministres
A l’approche de la mission présidentielle à Port-Gentil, les populations sollicitent « la Très Haute implication du Chef de l’État ».
Elles demandent d’abord « un audit physique et financier urgent sur l’utilisation des 7 milliards FCFA ». Ensuite, la mise en demeure des entreprises défaillantes citées : SOCO TP et DELORS SCES. Enfin, « la mobilisation des moyens nécessaires pour achever les 4 axes routiers non livrés dans les plus brefs délais ».
« Les populations de l’Ogooué-Maritime ne demandent pas de nouveaux milliards. Elles demandent simplement que les 7 milliards déjà décaissés servent à désenclaver Port-Gentil », souligne le texte.
Signée par Georges MPAGA, sénateur national élu du département d’Etimboué et « spécialiste de la transparence et de la lutte contre la corruption », la déclaration conclut : « La parole est au Peuple. La reddition des comptes doit commencer. L’obligation de rendre compte n’est pas une option, c’est une exigence qui renvoie à l’intégrité ».
Le Conseil des Ministres délocalisé est prévu le 17 septembre à Port-Gentil.
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