Lettre ouverte du CGP à Oligui Nguema : le patronat choisit l’alliance et la co-construction

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AD – Libreville (Gabon) – Le 15 juin 2026, jour du premier Discours sur l’État de la Nation de la Ve République, le Conseil Gabonais du Patronat CGP, présidé par Francis Jean Jacques Evouna, adresse une lettre ouverte au président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce n’est pas une simple lettre de félicitations. C’est un acte politique : le patronat gabonais pose les bases d’un contrat de confiance avec l’exécutif et propose 5 leviers concrets pour accélérer la transformation économique.

1. Synthèse : Un plaidoyer d’adhésion totale au projet présidentiel

La lettre suit 6 axes, combine adoration politique et propositions techniques :

Tonalité : Éloges appuyés. Le CGP qualifie le discours de “historique”, parle de “volonté souveraine”, d’“État en pleine renaissance”. Références à Machiavel, Bodin, Léon Blum, Teilhard de Chardin pour sacraliser la démarche présidentielle. Message clair : le patronat reconnaît dans Oligui Nguema un “homme d’État” capable de gouverner “dans la tempête”.

Bilan salué : 3 points mis en avant par le CGP :
1. Dignité républicaine : Régularisation de 60 000 situations administratives, 105 milliards FCFA de rappels payés et restitution aux épargnants. Pour le CGP, la dignité se mesure au concret : salaire payé, droits reconnus.
2. Sécurité : Institutions remises sur pied, élections libres, différend frontalier géré par le droit. Le CGP rappelle que sécurité juridique , sécurité des personnes et sécurité des investissements constituent le triptyque indispensable au privé.
3. Vision économique : Rupture avec l’économie de rente. Volonté de transformer localement les richesses, d’industrialiser et de miser sur les compétences de la jeunesse. Vision alignée avec le principe de Bodin : “Un État bien ordonné enrichit ses citoyens”.

Engagement : Le CGP ne veut pas être spectateur. “Descendre sur le terrain avec ses membres, ses ressources et son expertise” pour matérialiser les engagements du Président. Formule forte : “Oui, Excellence : osez. Nous osons avec vous”.

2. 5 messages clés derrière les compliments

1. Le CGP se positionne comme allié stratégique, pas comme adversaire

Fini le temps du patronat “contestable”. Le CGP choisit l’alignement total avec le projet de transformation nationale. En multipliant les références philosophiques et spirituelles, il donne une dimension quasi messianique au mandat. Objectif : être dans le cercle des forces qui “construisent” plutôt que de celles qui “subissent”.

2. La dignité et la sécurité comme préalable à l’investissement

Le CGP relie directement politique sociale et attractivité économique. Régulariser les agents, payer les rappels, sécuriser les frontières pour créer un climat de confiance. Pour un patronat, dire que “la dignité n’est pas abstraite” revient à dire : on n’investit pas dans un pays où l’État ne respecte pas ses propres agents.

3. Rupture avec la rente : le patronat demande de la production

Point d’accord majeur avec le Président : “l’abondance de la production locale, non la subvention” doit réduire le coût de la vie. Le CGP s’engage à mobiliser ses membres sur l’impératif de produire localement. C’est une invitation à sortir du modèle importateur.

4. 5 propositions concrètes, le CGP veut co-écrire la politique économique

Au-delà des félicitations, le CGP soumet un plan d’action en 5 axes, parfaitement calibré sur le discours présidentiel :
– ZES Gabon-Industrie à Kobe-Kobe : Pour transformer Belinga, manganèse, or sur place. Régime fiscal 15 ans + guichet 72h = réponse directe au besoin de rapidité et d’incitation.
– FNGPE adossé à la BCEG : Garantir 80% des prêts PME <5 ans. Le patronat pointe le vrai goulot : l’accès au crédit bancaire. - Académie des Métiers Souverains : 5 000 techniciens/an d’ici 2030. Le CGP anticipe les “Assises de l’École des Compétences” annoncées par le Président. Message : on a la main d’œuvre, formons-la. - Identifiant Numérique Citoyen-Entrepreneur : Formaliser l’informel via un portail unique marchés publics/fiscalité. Vision “gouvernance numérique” pour élargir l’assiette fiscale sans augmenter les impôts. - Gabon Green Bond : Utiliser les 88% de forêt comme actif financier. Lever des obligations vertes pour électrification rurale, agroforesterie, écotourisme. Le CGP veut monétiser l’avantage écologique du Gabon. Dimension spirituelle : mobiliser l’adhésion populaire Références aux “mânes du Gabon”, à Albert Schweitzer, à Teilhard de Chardin. Le CGP ne parle pas qu’aux technocrates. Il s’adresse à la Nation : l’espérance + la mémoire des ancêtres doivent porter la transformation. C’est un appel à l’unité nationale autour du projet. Un chèque en blanc avec conditions Le CGP donne son soutien “sans réserve”. Mais ce soutien est actif : il s’accompagne d’exigences implicites. Sécurité juridique, rapidité administrative, accès au crédit, formation, transformation locale. Le ton est celui d’un partenaire qui dit “on y croit, on est prêt, mais allons vite et faisons solide”. La formule finale “L’Histoire du Gabon souverain, prospère et debout s’écrit maintenant — et elle a votre nom” est à la fois une pression et une promesse. L’enjeu pour l’exécutif Transformer cette lettre en feuille de route. Le CGP a tendu la main avec des propositions bancables. Reste à voir si l’État répondra par des actes concrets sur la ZES, le FNGPE et l’Académie des métiers. MM/PIM/ad/26


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