AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – « Cela fait désormais 5 mois, jour pour jour, que Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze est emprisonné sans raison. » Face à la presse, le 16 septembre, jour de l’anniversaire de son client, Me Thierry Nguia, avocat de l’ancien Premier ministre et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), a vivement dénoncé le maintien en détention de l’ex-chef du gouvernement.
Placé sous mandat de dépôt depuis cinq mois pour une « prétendue escroquerie et un abus de confiance pour un montant de 5 millions » de FCFA, Alain-Claude Bilie-By-Nze reste, selon sa défense, dans une impasse judiciaire.
Deux circonstances, un même questionnement : l’anniversaire du détenu et la durée de son incarcération. « Deux circonstances qui pourraient sembler distinctes, mais qui nous invitent en réalité à poser une même question : quelle place accordons-nous à la dignité humaine, aux droits de la défense et à la justice dans notre pays ? », a interrogé Me Nguia.
L’avocat dit avoir souhaité, en ce jour particulier, pouvoir évoquer son client « comme d’un homme entouré des siens, libre de recevoir les témoignages d’affection de sa famille, de ses proches ».
Au cœur de sa conférence de presse, un constat : l’instruction serait à l’arrêt. « Qu’a-t-on fait de ces cinq mois d’instruction et de prison ? Rien et absolument rien », a-t-il martelé.
« Notre rôle d’avocat n’est pas de rendre la justice mais de veiller à ce que la procédure soit respectée et que les droits de notre client soient effectivement garantis », a-t-il rappelé, avant de décrire « cinq mois de blocage ».
Selon lui, la plaignante a été entendue dès le début de la procédure, mais « toutes les demandes de liberté, de nullité, de prescription ont été rejetées, même la Cour de cassation s’est tue. Toutes les procédures sont bloquées. »
Me Nguia affirme avoir demandé en vain que son client soit entendu par le juge d’instruction. La Chambre d’accusation, juridiction supérieure censée jouer « son rôle de gendarme », n’aurait pas non plus exercé son contrôle.
« Nous respectons ces décisions. Mais respecter les décisions ne signifie pas renoncer à poser des questions », a-t-il poursuivi. « Que justifie son maintien en détention ? Combien de temps encore une personne peut-elle rester privée de liberté alors que la procédure qui doit justifier cette détention ne progresse pas ? »
« Nous ne demandons pas un service au juge d’instruction, ni à la Chambre d’accusation et encore moins à la Cour de cassation. Nous demandons juste le respect strict de la loi. Une détention préventive ne peut pas devenir une peine avant jugement, elle ne peut pas devenir une situation indéfinie. »
Rappelant que « Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze demeure présumé innocent », le conseil a dit vouloir « interpeller solennellement les autorités judiciaires afin que la procédure avance et que la situation soit réexaminée dans la stricte rigueur de la loi, en le libérant tout simplement ».
La conférence s’est achevée sur un souhait : « un joyeux anniversaire malgré tout » et le vœu de le voir « sortir de prison dans les meilleurs délais possibles ».
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