Football féminin : le grand réveil passera par la base

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AD – Libreville (Gabon) – L’atelier de restitution de l’analyse du football amateur, co-organisé par la FIFA et la FEGAFOOT du 24 au 26 mai 2026 à Libreville, a posé un diagnostic sans concession.

Longtemps resté dans l’ombre de l’élite, le football féminin s’apprête à vivre une restructuration profonde. Entre l’urgence de relancer le championnat senior et la gratuité des licences, zoom sur le plan de sauvetage d’un secteur en pleine transition.

« Les filles ne jouent pas. » Le constat, brut et consigné dans le rapport d’analyse de l’environnement du football amateur au Gabon, a résonné avec force durant les trois jours de travaux dans la commune d’Akanda.

Co-organisé par la Fédération internationale de football association (FIFA) et la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), cet atelier de restitution avait un objectif titanesque : restructurer la base du football national, celle qui représente 99% du paysage footballistique mondial, mais qui souffre cruellement d’un manque de moyens et d’organisation.

Et s’il y a bien un grand chantier qui est ressorti de ce diagnostic, c’est celui du football féminin.

Pendant deux ans (2024-2026), l’environnement du football amateur gabonais a été passé au crible. Le verdict est sans appel : absence de calendrier national harmonisé, manque d’infrastructures et, surtout, un abandon quasi total des compétitions féminines.

À ce jour, le championnat national de première division féminine est à l’arrêt.

« À travers le monde, le football féminin est en promotion. Et qui dit promotion, dit manque de structuration, manque de moyens financiers, manque de techniciens », a rappelé avec lucidité Etienne Sockeng, chef de la délégation de la FIFA.

Pour les experts, le football d’élite au Gabon s’est avéré « absorbant et budgétivore », étouffant la base. La solution préconisée ? Créer un département propre au football amateur au sein de la FEGAFOOT, doté de son propre personnel, pour sortir enfin le football féminin (scolaire, universitaire, de masse) de l’anonymat.

Pour inverser la tendance, l’atelier a accouché d’une feuille de route ambitieuse qui vise à redonner le pouvoir de jouer à la gente féminine :
* Créer une pyramide de compétitions : L’accent sera mis sur la structuration des championnats de jeunes (catégories U-15, U-17 et U-20) pour créer un vivier. La priorité absolue reste la relance à court terme du championnat national senior.
* Choc d’attractivité et gratuité des licences : Pour motiver la création de nouveaux clubs et soulager les présidents de structures, la FIFA et la FEGAFOOT recommandent de mettre en place la gratuité des licences pour le football féminin.
* Décentraliser la formation des techniciennes : Finis les stages uniquement réservés à Libreville. Les sessions de formation spécifiques pour les femmes entraîneurs vont être déployées à l’intérieur du pays afin de doter chaque province de techniciennes qualifiées.
* Le levier de l’équipe nationale : Relancer les compétitions internationales pour l’équipe nationale féminine est perçu comme un puissant moteur psychologique pour susciter des vocations chez les jeunes filles.

Pour acter ces transformations, la principale recommandation de cet atelier est l’organisation imminente d’un grand Forum national. Ce rendez-vous réunira toute la famille du football gabonais, les ministères concernés et l’Office Gabonais du Sport Scolaire et Universitaire (OGSSU) afin de signer des conventions cadres et sécuriser des financements durables.

En élargissant la base des pratiquantes et en professionnalisant les clubs (via le système de Licence de clubs de la CAF et des assurances obligatoires), le Gabon espère non seulement moderniser sa pratique locale, mais aussi détecter les futures pépites qui viendront, demain, honorer le maillot des Panthères. Le coup d’envoi de la refondation est donné.

BM/PIM/ad/26


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