Électricité : le retour des coupures ravive colère et déception

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AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya  Madiba – Les coupures d’électricité sont redevenues le quotidien des Librevillois. Depuis le 13 septembre, leur fréquence s’intensifie, et le phénomène ne se limite plus à quelques quartiers de la capitale. Des secteurs économiques majeurs sont désormais touchés.

Commerçants, entreprises et particuliers subissent les mêmes interruptions, avec un impact direct sur l’activité et le quotidien.

Un retour en arrière qui ravive de mauvais souvenirs. En 2024, face aux dysfonctionnements de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), le général Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président de la Transition, avait limogé la direction et installé une administration provisoire.

Le ministre de l’Énergie de l’époque, Jeannot Kalima, se voulait rassurant lors de l’installation du nouvel administrateur : « Avec toutes les dispositions qui sont prises, les facilités qui sont octroyées à la SEEG par le chef de l’État, la SEEG va très rapidement apporter des solutions à nos préoccupations. »

Pour redresser l’entreprise, les autorités militaires avaient débloqué 100 milliards de FCFA et mis à disposition des groupes électrogènes pour augmenter la production. Près de trois ans plus tard, le retour des délestages n’est plus perçu comme un simple aléa technique. Il touche une corde sensible à Libreville.

Chez les usagers, l’agacement est palpable, même si une forme de résignation domine. Beaucoup relativisent encore : la situation ne serait pas aussi dégradée que par le passé. Mais la comparaison a ses limites.

« La SEEG ne fait que gérer la misère. Comme c’est une entreprise publique, il appartient à l’Etat d’élaborer une vraie stratégie sur l’électrification et l’approvisionnement en eau de notre pays. Jusqu’à maintenant, nos dirigeants n’ont pas cette capacité de réflexion et se limitent à faire du populisme comme leurs prédécesseurs. Le délestage, le black-out, les bidons vides continueront à être notre quotidien et on entendra parler du problème d’électricité et d’eau aux prochaines élections », confie un consommateur.

L’amélioration d’un service public ne saurait se mesurer au seul fait qu’il est « moins mauvais » qu’avant.

Interrogée, la SEEG évoque des pannes et des problèmes techniques. La principale avarie concernerait une ligne aérienne de 90 kV reliant le poste de répartition de Bisségué au poste source d’Owendo. Une défaillance qui aurait provoqué des dysfonctionnements en cascade sur plusieurs ouvrages du réseau, avec des répercussions sur l’ensemble du Grand Libreville.

Une explication technique qui n’éteint pas les interrogations.

Pour les ménages comme pour les opérateurs économiques, seul compte la continuité du service. A mesure que les coupures s’intensifient, la SEEG devra faire plus que multiplier les communiqués. Elle devra prouver, par des résultats visibles, que les milliards injectés se traduisent par du courant dans les foyers. A Libreville, électricité et eau ne sont pas de simples questions de confort : ce sont des attentes sociales auxquelles aucune autorité ne peut rester durablement sourde.

MM/PIM/ad/26


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