Silence radio: pourquoi aucun médecin d’Ali Bongo n’a été inquiété ? ( Ongoundou Loundah)

Partages

AD – Libreville (Gabon) – La tribune de Michel Ongoundou Loundah publiée sur Gabonreview ne tape pas sur un homme. Elle tape sur une faille : la cohérence. Et c’est là que ça fait mal. Car un pouvoir peut encaisser les critiques, survivre aux scandales, contourner l’opposition. Mais il s’effondre quand son propre récit se retourne contre lui.

1. La contradiction comme bombe à retardement institutionnelle

La question posée est chirurgicale : si Ali Bongo était inapte, pourquoi les médecins qui l’ont déclaré apte ne sont jamais inquiétés ?

Cette question crée un dilemme logique sans issue pour le pouvoir :

– Si les médecins disaient vrai

L’argument de l’incapacité présidentielle, utilisé pour justifier la rupture du 30 août 2023, se fissure. Le fondement juridique et moral de la “rupture” perd de sa force.

– Si les médecins ont menti ou failli

Alors on a une faute constitutionnelle grave, commise par des serviteurs de l’État. Or, silence radio. Aucune enquête, aucune sanction. Le pouvoir qui promet “l’assainissement” se retrouve à couvrir l’irresponsabilité qu’il dénonce.

Résultat : quoi qu’il réponde, le pouvoir se contredit. Et c’est ça “le piège”. La contradiction n’est pas venue de l’opposition. Elle a été produite par la succession des récits officiels eux-mêmes.

2. L’enjeu réel : ce n’est pas Ali Bongo, c’est la crédibilité de l’État

Ongoundou Loundah ne fait pas du plaidoyer pro-Bongo. Il réclame de la cohérence. C’est ce qui rend le texte “dérangeant”.

Pourquoi ? Parce qu’un État ne tient que sur 2 choses : la force et le récit. La force impose. Le récit convainc. Quand le récit se fissure, il ne reste que la force. Et un pouvoir qui ne gouverne que par la force est un pouvoir fragile.

La question des médecins est devenue un “angle mort” du récit de la 5e République. Plus on l’ignore, plus elle grossit. Le silence persistant n’éteint pas la question, il la transforme en doute permanent sur la sincérité de la refondation.

3. Leçon politique : les faits sont plus têtus que l’opposition

“Les gouvernements survivent aux critiques… Ils résistent plus difficilement aux contradictions qu’ils produisent eux-mêmes”.

C’est le cœur de l’analyse. L’opposition, on y répond. Un scandale, on le gère en communication. Mais une contradiction logique, on ne peut pas la “négocier”. Elle est là, brute. Les faits, comme le dit le texte, “finissent toujours par réclamer des explications”.

Pour la 5e République, le danger n’est donc pas dans la rue ou dans les médias d’opposition. Le danger est dans sa propre mémoire : les déclarations d’aptitude signées, les procédures jamais lancées, les justifications données puis non assumées jusqu’au bout.

Tant que la question des médecins restera “simple, légitime, toujours sans réponse”, elle rappellera que l’autorité d’un pouvoir se mesure d’abord à sa capacité à être cohérent avec lui-même.

En une phrase : Ongoundou Loundah met le doigt là où ça fait mal : le principal adversaire d’un pouvoir, c’est l’angle mort de sa propre mémoire. Et dans le cas de la 5e République, cet angle mort s’appelle “les médecins d’Ali Bongo”.

MM/PIM/ad/26


Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *