Une rentrée scolaire difficile pour les parents

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AD – LIBREVILLE (Gabon) – Par Mozaya Madiba – La cloche retentira ce lundi 7 septembre 2026 dans les écoles primaires, collèges et lycées du Gabon. Après deux mois de vacances, la rentrée 2026-2027 démarre dans un contexte économique tendu. Pour des milliers de parents, le retour en classe rime avec casse-tête budgétaire : fournitures en forte hausse, budget du ménage sous pression, et pour beaucoup, des frais de transport, de scolarité privée ou même des factures dans le confessionnel qui viennent alourdir la facture.

Des fournitures qui pèsent de plus en plus sur le budget

Dans les marchés de Mont-Bouët à Libreville comme au Grand Marché de Port-Gentil, la hausse est visible. Un cahier 200 pages qui coûtait 600 FCFA l’an dernier frôle désormais les 900 FCFA. Le cartable, le lot de stylos, les compas et les livres scolaires ont suivi la même tendance.

Pour cause : l’inflation importée, le coût du transport et la flambée du prix des intrants. Résultat, une famille avec trois enfants scolarisés doit débourser entre 80 000 et 150 000 FCFA rien que pour les fournitures de base.

« Avec le salaire qui n’augmente pas, on fait des choix. Cette année j’ai pris les cahiers d’occasion pour les grands et du neuf pour le petit », confie Mireille, mère de 4 enfants, fonctionnaire à Libreville. « On aura compris que ceux qui ne peuvent payer ne mettent pas leurs enfants à l’école mais les envoient plutôt casser des cailloux ou faire des briques. C’est hélas la dure réalité ! », renchérit Benoît, son voisin.

L’Etat prend en charge les frais, mais pas tout

Côté frais d’inscription, l’État maintient la gratuité dans le public pour le primaire et le secondaire, conformément à sa politique sociale. Un soulagement pour de nombreux ménages.

Mais la réalité du terrain est plus complexe. Tenue, chaussures, transport scolaire, contribution APE, copies et photocopies : autant de dépenses qui ne sont pas couvertes. Et pour les parents qui ne bénéficient d’aucune aide ni bourse, l’effort est d’autant plus important, surtout quand il faut équiper plusieurs enfants.

Dans les quartiers populaires, certaines associations et églises ont déjà lancé des collectes de kits scolaires. « Sans ça, beaucoup d’enfants resteront à la maison la semaine prochaine », témoigne un responsable d’ONG à Owendo.

Transport hors de prix ou école privée : le dilemme des quartiers sans école publique

Pour des milliers de familles vivant dans des quartiers dépourvus d’école publique de proximité, la rentrée prend une autre tournure. L’alternative est simple mais coûteuse : payer le transport chaque jour, ou se tourner vers le privé.

Dans le privé, l’inscription ou la réinscription atteint facilement 100.000 francs CFA, voire plus. À cela s’ajoutent des listes de fournitures kilométriques imposées par les établissements. Et chaque mois, il faut encore débourser entre 25 000 et 30 000 FCFA pour les frais de scolarité.

Pour un foyer comptant plusieurs enfants scolarisés, l’addition devient vite ingérable. « J’ai deux au collège privé à Nzeng-Ayong. Entre les frais et le taxi bus, je dépasse 120 000 FCFA par mois. C’est la galère », raconte Patrick, père de famille à Libreville.

Les écoles confessionnelles aussi dans le viseur des parents

Autre motif de grogne : les établissements confessionnels. Subventionnés par l’État, ils accueillent pourtant chaque année des élèves orientés officiellement par les services du ministère de l’Éducation nationale.

Or, de nombreux parents dénoncent la persistance de frais de scolarité réclamés par ces écoles. « On nous dit que l’enfant est boursier de l’État, mais à la rentrée on nous demande quand même 150 000 FCFA. Comment on fait ? », s’indigne Clarisse, mère de deux collégiens à Libreville.

Pour les associations de parents, cette pratique contredit l’esprit de la gratuité et ajoute une charge supplémentaire aux familles déjà en difficulté.

Un portefeuille sous tension permanente

Cette rentrée intervient alors que le pouvoir d’achat des ménages gabonais reste fragilisé. L’augmentation du coût du panier de la ménagère, du loyer, laisse peu de marge.

Pour beaucoup de parents, la rentrée devient le troisième « mois difficile » de l’année, après janvier et la période de fêtes. Certains étalent les achats sur deux mois, d’autres ont recours aux tontines ou aux avances sur salaire.

« On veut que nos enfants étudient, mais chaque année c’est plus compliqué. On prie pour que les prix redescendent », résume Joseph, père de famille à Franceville.

Dans ce contexte, l’enjeu est double : permettre à tous les enfants de rejoindre les classes le 7 septembre, tout en évitant que la charge scolaire ne plombe durablement les finances des familles.

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