AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a durci le ton face aux mouvements sociaux. Dans les colonnes de _L’Union_ du 13 août, le chef de l’Etat avertit : « C’est fini le chantage. Celui qui décide de rentrer en grève doit en assumer les conséquences ».
Une sortie qui marque un tournant dans les relations entre le pouvoir et les partenaires sociaux.
« Le patriotisme du travail » face aux grèves
Portant une casquette au slogan « Gabon d’Abord », le président inscrit sa position dans la logique de la reconstruction nationale. Pour lui, toute interruption concertée du travail constitue désormais une « entrave au redressement du pays ».
En qualifiant les débrayages de « chantage », M. Oligui Nguema cherche à discréditer les mouvements sociaux répétés et à en limiter la portée dans l’opinion publique.
Le chef de l’Etat laisse entrevoir un durcissement des règles : application stricte du principe « service fait, salaire payé » pour les retenues sur salaire, lancement de procédures disciplinaires contre les agents récalcitrants, et appel aux centrales syndicales à privilégier « la continuité du service » au rapport de force.
Un message adressé au secteur privé et à l’administration
L’exécutif veut ainsi rassurer le secteur privé et garantir la continuité du service public, alors que le Gabon est engagé dans une phase de réformes institutionnelles.
Mais la fermeté présidentielle intervient dans un contexte social tendu, marqué par la vie chère, des retards de paiement de salaires et des difficultés d’accès à l’eau dans plusieurs quartiers.
Le risque d’un dialogue social sous pression
Si le pouvoir veut couper court aux grèves à répétition, des observateurs s’interrogent sur les effets d’une telle posture.
» Fermer la porte au chantage est une chose. Fermer la porte au dialogue social en est une autre « , souligne un syndicaliste sous couvert d’anonymat.
Pour le gouvernement, le défi sera désormais double : faire appliquer la discipline tout en répondant aux revendications qui nourrissent la contestation. Pouvoir d’achat, conditions de travail, arriérés de salaire figurent parmi les principaux griefs des agents publics.
Sans réponse sur ces dossiers, estiment des analystes, la fermeté affichée risque de contenir temporairement les mouvements sociaux sans en traiter les causes profondes.
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