Gabon : les dotations présidentielles aux hôpitaux relancent le débat sur la répartition des moyens

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AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba- L’inauguration d’équipements sanitaires financés par la Présidence suscite des interrogations au sein du secteur de la santé. Si l’engagement du chef de l’État pour le bien-être des Gabonais est salué, des partenaires sociaux dénoncent une répartition jugée inéquitable des dotations.

Ils appellent les autorités du ministère de la Santé à mieux cibler les bénéficiaires, au profit des centres qui s’occupent des populations les plus vulnérables.

« Nous saluons l’engagement, mais… »

Dans une alerte transmise à Africdirect, les partenaires sociaux d’une structure sanitaire reconnaissent d’abord « l’engagement du Président de la République pour le bien-être des populations gabonaises ».

Mais ils pointent immédiatement un décalage : les plateaux techniques, ambulances et véhicules remis ces dernières semaines reviennent, selon ces partenaires sociaux, aux mêmes établissements qui disposent déjà de « gros budgets et de recettes propres suffisantes pour s’acheter eux-mêmes ces équipements ».

Pour eux, ces dotations auraient dû être orientées vers « les petites structures » qui travaillent « presque dans le social » avec des moyens limités. Des structures qui, disent-ils, « ne bénéficient pas de ces dotations alors que la priorité devrait être là ».

Un plaidoyer pour les centres à caractère social

Les partenaires sociaux mettent en avant la situation des centres qui prennent en charge les personnes vulnérables. Ces établissements, affirment-ils, ne disposent « ni de moyens roulants, ni de plateaux techniques, encore moins de budgets conséquents ».

Ils estiment donc qu’il revient aux autorités du département ministériel de « mieux répartir et orienter l’action du Président ». L’enjeu, pour eux, est de faire en sorte que les efforts présidentiels profitent d’abord à ceux qui n’ont aucune capacité d’autofinancement.

La question de l’efficacité des investissements publics

Au-delà du geste, c’est la logique d’allocation des ressources qui est ici interrogée. Faut-il concentrer les investissements dans les grands hôpitaux déjà dotés, au risque de creuser les inégalités ? Ou privilégier les petites structures de proximité, moins visibles mais essentielles pour les couches les plus fragiles ?

Le débat n’est pas nouveau au Gabon. Chaque campagne de dotations relance la discussion sur la carte sanitaire et sur la capacité du système à atteindre les populations en dehors des grands centres urbains.

Alors que le Président Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les inaugurations d’infrastructures, cette alerte rappelle que l’impact social d’une politique publique se mesure aussi à la manière dont les moyens sont distribués.

Pour les acteurs du terrain, sans un ciblage plus fin, le risque est de voir les mêmes établissements renforcer leurs avantages, tandis que les plus démunis continuent de manquer du minimum.

 

MM/PIM/ad/26


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