La commune est la collectivité locale par excellence et le principe qui gouverne la gestion et le fonctionnement d’une collectivité locale (Par Dr Covacks Missang Bibang)

Partages

AD – Libreville (Gabon) – Au lendemain de la désignation du nouveau maire de la commune de Libreville, les commentaires et autres analysent fussent pour expliquer la crise qui a secoué cette institution ayant déboucher sur la destitution du maire sortant trois mois seulement après son élection.

Dans un libre propos, le docteur en Droit public et enseignant à la faculté de Droit et des sciences économiques de l’université Omar Bongo (UOB), Covacks Missang Bibang tente d’expliquer les raisons ayant débouché sur la crise.
Lecture

La commune est la collectivité locale par excellence et le principe qui gouverne la gestion et le fonctionnement d’une collectivité locale est celui de la libre administration.

Ce principe qui est d’ailleurs marqué noir sur blanc dans notre constitution exige que les dirigeants d’une collectivité locale soient élus par les citoyens de la collectivité concernée. Si l’on a institué l’élection comme mode de désignation des maires c’est d’abord pour leur éviter de subir l’influence d’une autorité et de ne devoir rendre des comptes qu’aux populations qui les ont élus. C’est la garantie même de leur autonomie par rapport rapport aux autorités étatiques.

La décentralisation que nous proclamons dans nos textes cesse d’avoir un sens dès lors que l’on a le sentiment que la désignation de ceux qui sont censés l’incarner est inféodée par ceux contre qui on veut la garantir.

On dit que la désignation d’un maire c’est la rencontre d’un homme et d’une ville, c’est-à-dire avec la population de cette ville. Les candidats aux fonctions de maires qui sont connus seulement après que les populations se soient exprimées souffrent déjà d’un déficit de légitimité.

Un candidat à la mairie doit pouvoir décliner le programme qu’il veut réaliser pour la ville qu’il ambitionne de gérer et le soumettre à la population avant que celle-ci soit appelée aux urnes.

Il est inconcevable qu’un maire d’une ville figure parmi les anonymes. Il est incompréhensible que l’on se retrouve avec un premier magistrat de la ville sans que celui-ci ne se soit jamais présenté à la population ni défendu un projet de société avant l’élection.

Depuis le mandat de M. Jean-François NTOUTOUME EMANE, les maires qui se sont succédés à la Commune de Libreville brillent par leur déficit de légitimité et le dernier épisode en date constitue la démonstration la plus pitoyable.

Dès lors qu’un maire est convaincu que sa seule vraie légitimité c’est d’avoir été choisi par un canal qui n’est pas celui du vote populaire, il n’a d’autre garantie que de se soumettre ou s’accrocher à celui qui a permis ou acté sa désignation. Dans un tel schéma, décentralisation semble se confondre avec déconcentration et la ligne de démarcation entre élection et nomination devient floue.

Avec la mécanique de désignation des maires qui semble être devenue la règle à la Mairie de Libreville, on est tenté de se demander à chaque fois combien de temps va durer en fonction chaque nouvel édile. La conséquence de ce déficit de légitimité est l’instabilité qui règne au sein de la Mairie de Libreville depuis bientôt une dizaine d’années.

MEA/PIM/ad/26


Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *