AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba- C’est une double peine qui se profile pour le consommateur gabonais. Au lendemain de l’entrée en vigueur d’une forte hausse des prix à la pompe, les transporteurs routiers qui approvisionnent Libreville depuis le nord du pays ont suspendu leurs activités pour dénoncer la multiplication des taxes routières.
Depuis le 1er novembre, le litre d’essence est passé de 595 à 735 FCFA, soit une augmentation de 23,5%, et le gasoil de 575 à 705 FCFA (+22,6%), selon la nouvelle grille de la Commission nationale des prix des produits pétroliers (CNPPP). Le prix d’un plein de 40 litres s’établit désormais à 29 400 FCFA contre 23 800 FCFA auparavant. Seuls le gaz butane et le pétrole lampant sont maintenus à leurs tarifs actuels.
Cette revalorisation intervient alors que les transporteurs et commerçants assurant la liaison entre la frontière camerounaise et Libreville ont annoncé la suspension de leurs rotations, rapporte Gabon Media Time.
Le collectif à l’origine du mouvement dénonce « plusieurs contributions financières imposées » le long de l’axe nord. Selon les témoignages recueillis, un camion de dix roues devrait s’acquitter de 20 000 FCFA à Bitam et 30 000 FCFA pour un semi-remorque, contre 15 000 FCFA à Oyem et 10 000 FCFA à Mitzic.
Les professionnels pointent également le pont-bascule de Ndjolé, dans le Moyen-Ogooué. Ils affirment que des camions transportant des produits alimentaires y sont déclarés en surcharge et sanctionnés par des amendes pouvant atteindre 712 000 FCFA, voire 1,3 million de FCFA. Des montants que les autorités de régulation n’ont pas encore commentés.
Le parcours serait devenu « semé d’obstacles », avec 49 postes de contrôle recensés entre la frontière nord et Libreville, contre 12 en 2007 au début de carrière d’un des transporteurs, selon le collectif réuni face à la presse le 31 octobre. Police, gendarmerie, transports, commerce, santé et collectivités locales interviennent successivement.
Le mouvement fait craindre des tensions sur l’approvisionnement de la capitale. Fin octobre déjà, des perturbations avaient été observées dans les stations-service après une grève des transporteurs d’hydrocarbures, la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) assurant toutefois disposer de stocks suffisants.
Pour le collectif, le lien est direct entre coûts routiers et inflation : « Les transporteurs établissent un lien entre les coûts supportés sur les routes, les pertes de marchandises et la hausse des prix des produits de première nécessité ».
Contacté, le gouvernement n’a pas réagi à ce stade. Cette mobilisation intervient dans un contexte de resserrement fiscal, l’exécutif ayant annoncé le 8 septembre la suspension de l’octroi de nouvelles exonérations fiscales et douanières.
Avec la hausse à la pompe et l’arrêt des camions vivriers, les ménages de Libreville pourraient subir dans les prochains jours le contrecoup sur les étals des marchés.
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