AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba- En deux ans, la commune de Ntoum, dans le Grand Libreville, s’est imposée comme le principal terrain d’expérimentation de la politique nationale du logement. Au cœur de cette mutation : le site de Mfoulayong, dans le 1er arrondissement, porté par le programme présidentiel « Un Gabonais, Une Parcelle ».
D’une zone périphérique encore paisible, le secteur est devenu un vaste chantier. Avec le Groupe PH comme aménageur, plus de 1 000 lots doivent y voir le jour à court terme.
Mfoulayong, un chantier à grande échelle
La transformation est chiffrée. La Phase 1 a livré 350 parcelles. La Phase 2 en a ajouté 400. Une Phase 4 prévoit 300 lots supplémentaires.
Au total, plus de 1 000 parcelles de 500 m² sont commercialisées à 2,5 millions de FCFA, titre foncier compris.
L’objectif affiché est clair : accélérer l’accès à la propriété foncière et désengorger Libreville. Le site de Mfoulayong pousse ainsi les limites du Grand Libreville vers l’intérieur des terres.
Pour les pouvoirs publics, ce modèle doit répondre à une double urgence : la forte demande de terrains dans la capitale et la nécessité de formaliser l’occupation du sol.
Un modèle qui interroge l’aménagement du territoire
Le rythme des attributions à Ntoum illustre la volonté d’aller vite. Mais il pose aussi la question de l’accompagnement.
Au-delà de la distribution des lots, se pose celle des infrastructures : routes, eau, électricité, écoles, centres de santé. Sans ces équipements, le risque est de créer un nouveau quartier dortoir, coupé des services de base.
Le partenariat avec le Groupe PH montre par ailleurs le recours au secteur privé pour aménager à grande échelle. Un choix qui permet de mobiliser des moyens, mais qui rend aussi la politique du logement dépendante de la capacité des opérateurs à tenir les délais.
Vers un nouveau visage du Grand Libreville
Avec « Un Gabonais, Une Parcelle », Ntoum devient le symbole de l’étalement urbain gabonais. La commune, longtemps restée en marge, se retrouve projetée au centre des enjeux démographiques et fonciers.
Reste à savoir si cette accélération pourra se traduire par des quartiers viables. La réussite du programme ne se mesurera pas seulement au nombre de titres fonciers distribués, mais à la capacité à transformer des parcelles en véritables lieux de vie.
A Mfoulayong, le pari est lancé : faire de la périphérie le nouveau centre de la politique du logement.
MM/PIM/ad/26