AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba: Le Collectif SOS Pétrolier du Gabon a lancé vendredi dernier, un ultimatum au gouvernement exigeant l’application des conclusions de la Commission du dialogue social dans les hydrocarbures d’ici au 15 août 2026, faute de quoi des « conséquences » seront rendues publiques.
Trois ans après la création de cette commission par arrêté n°24 du 16 avril 2024, les travailleurs « mis à disposition » chez Assala, Perenco, TotalEnergies et Maurel & Prom dénoncent « un laxisme total » et « aucun résultat concret ».
« Les procès-verbaux issus des travaux auraient été déposés auprès du Vice-Premier ministre mais n’ont jamais été publiés », affirme le collectif dans une déclaration.
Un secteur stratégique sous tension
Pour le porte-parole du collectif, Zéphirin OBAME, ex-employé de SNPS, « une commission placée sous l’autorité du président de la République ne peut pas afficher une telle faiblesse face aux sociétés pétrolières ».
Le collectif pointe du doigt la situation chez Assala. Alors que le Chef de l’Etat avait annoncé le 18 mars 2024 à Port-Gentil la fin du système de prestation au profit de l’embauche directe des Gabonais, « la société lancerait encore des appels d’offres aux prestataires », selon SOS Pétrolier.
« Assala, société gabonaise, devait être un modèle. Elle s’obstine à ne pas se soumettre à la loi gabonaise, et ce, sous les yeux de la Commission », dénonce le texte.
Le collectif évoque par ailleurs une dégradation des conditions de travail marquée par « des licenciements qui se multiplient » dans un secteur qui pèse environ 60% de l’économie nationale. Il rappelle également le drame de Bécuna, où « cinq familles sont encore en deuil et n’auraient jamais rien reçu de la part de l’Etat gabonais à ce jour ».
« Nous n’allons plus rien vous dire »
Face à ce qu’il qualifie de « blocage institutionnel », le collectif pose une date butoir.
« Dès le 15 août 2026, si les procès-verbaux ne passent pas en application de manière concrète, nous n’allons plus apparaître devant vous. Nous n’allons plus rien vous dire. Mais les conséquences de ce que nous allons faire seront connues de tous les Gabonais, sur le plan national comme international », a prévenu M. OBAME.
Après avoir « usé de patience, d’humilité, d’obéissance et de clémence », les agents disent ne plus être « prêts à reculer ni à baisser les bras ».
En interpellant directement le président Brice Clotaire Oligui Nguema, SOS Pétrolier invoque les promesses faites « au lendemain du coup de la libération » de « restaurer les institutions et la dignité des travailleurs gabonais ».
Le gouvernement dispose désormais de quelques jours pour répondre et prouver que la Commission du dialogue social « n’est pas une coquille vide », conclut le collectif.
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