Gabon: presse en danger, les medias sonnent le tocsin

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AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba : Les organisations des médias du Gabon réunies jeudi dernier ont brisé le silence face à une crise qui s’aggrave et ont lancé un cri d’alerte.

Pour ces organisations, la presse nationale suffoque et avec elle, le droit des Gabonais à une information libre.

Un secteur asphyxié de toutes parts

Le diagnostic est sévère. Recettes publicitaires en chute libre, marché national trop étroit, contenus gratuits qui tuent la valeur sur le net, soutien public au point mort… Le cocktail est explosif. Résultat : des rédactions au bord de la fermeture.

« Un média asphyxié financièrement est un média fragilisé dans son indépendance », a résumé Jean Yves Ntoutoume, président de l’Organisation patronale des médias (OPAM) et porte-parole du collectif.

Pour lui, la conséquence va au-delà des entreprises de presse. C’est la qualité de l’information et du débat démocratique qui se dégrade. Quand un journal vacille, c’est tout le contre-pouvoir qui tremble.

« Pas un privilège, un investissement pour la nation »

Les patrons de presse ont tenu à tordre le cou à une idée reçue : demander de l’aide ne relève pas du caprice.

« Assurer la viabilité économique des médias n’est pas une demande de privilèges. C’est un investissement stratégique pour la stabilité, la transparence et le rayonnement de notre nation », ont-ils martelé.

L’argument est simple : sans presse solide, pas de transparence. Sans transparence, la démocratie s’affaiblit.

Leur plan de sauvetage en 5 points

Le plaidoyer présenté à Libreville ne se contente pas de dénoncer. Il propose. Et il presse.

1. Augmenter l’aide publique : Bloquée à 500 millions de FCFA depuis 2003, elle est jugée dérisoire face à l’inflation et aux charges.
2. Créer une compensation numérique : Un prélèvement sur les opérateurs de téléphonie mobile pour financer les contenus produits par la presse.
3. Réorienter la pub institutionnelle : Flécher davantage les budgets de communication de l’État vers les médias nationaux.
4. Instaurer un régime fiscal adapté: Alléger la pression fiscale sur les entreprises de presse pour les rendre viables.
5. Revaloriser le métier: Harmoniser les accréditations et revaloriser la carte de presse pour redonner aux journalistes la reconnaissance qu’ils méritent.

« Le présent plaidoyer pose le diagnostic sans complaisance de notre secteur et formule des propositions concrètes, réalistes et urgentes pour bâtir un nouveau modèle économique de la presse au Gabon », a conclu Jean Yves Ntoutoume.

Un front uni pour faire bouger les lignes

Opam, Rénaji, CPPPL, UPPIG, Cipref… Les organisations signataires ont mis de côté leurs différences. Objectif : parler d’une seule voix. Parce qu’en face, l’urgence ne fait pas de détail.

Reste à savoir si le gouvernement entendra l’alerte avant que l’une après l’autre, les rédactions ne mettent la clé sous la porte.

MM/PIM/ad/26


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