AD – Libreville (Gabon) – A Magnang, petit village dans le centre du Gabon, 400 sourires, des kits d’hygiène, et une vérité qui fâche, sous couvert d’un “Goûté Géant avant les vacances”, l’Association Dynamique de Magnang DYMA et Maurel & Prom ont transformé la fin d’année scolaire en acte d’accusation contre l’indifférence.
Jeudi dernier, à l’École publique de Magnang, gâteaux, bissap, lait caillé et bonbons ont servi d’appât. Le vrai sujet était ailleurs : les violences sexuelles qui gangrènent les foyers et la précarité menstruelle qui freine des jeunes filles.
Quand la fête devient tribune
Derrière l’animation, la DYMA a choisi la confrontation. Pas de discours lénifiant sur la protection de l’enfance. Place aux faits : les agresseurs sont souvent des proches, des voisins, des membres de la famille. C’est cette proximité qui verrouille la parole des victimes.
“Nous ne pouvions pas juste distribuer des cadeaux et repartir”, explique Aimée Félicite Essoue Bekale épouse Essono Eny, fondatrice de la DYMA. Avec le soutien de Maurel & Prom, l’association a fait de l’événement un espace de dialogue avec les parents. Objectif : briser la loi du silence qui protège les auteurs au détriment des enfants.
Maurel & Prom : du slogan à l’impact terrain
Dans un contexte où la RSE rime souvent avec visibilité, la société pétrolière a misé sur l’action. Son appui a permis à la DYMA de toucher 400 élèves et d’acheter des kits complets : friandises, brosses à dents, produits alimentaires, et surtout serviettes hygiéniques.
Un choix assumé : traiter l’urgence, mais aussi la cause. Car pour de nombreuses familles modestes, acheter des protections périodiques reste un luxe. Conséquence : des filles ratent l’école, perdent en estime de soi, et s’exposent à des risques sanitaires.
Les oubliés du débat : les garçons
La DYMA a aussi rappelé une réalité gênante. Les violences basées sur le genre ne frappent pas que les filles. Les garçons subissent attouchements, abus et violences psychologiques. Mais la honte, la peur et les stéréotypes les enferment dans le silence. Un silence qui, selon l’association, profite aux prédateurs.
Les femmes de l’ombre
Si les enfants sont repartis les bras chargés, c’est grâce au travail invisible des femmes de la DYMA. Elles ont préparé le bissap, organisé les distributions, encadré la journée. Une mobilisation qui résume leur conviction : l’avenir d’une communauté se joue dans l’attention portée à ses enfants.
Le message de Magnang : Le goûter s’est terminé, l’alerte reste. Les violences sexuelles et la précarité menstruelle ne sont pas des fatalités. Ce sont des combats de responsabilité collective. Quand une communauté choisit d’agir au lieu de se taire, comme l’ont fait la DYMA et Maurel & Prom, elle commence à reprendre la main sur son avenir.
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