Une frange du Patronat gabonais brise le silence et exige un plan de sauvetage pour les TPE/PME

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AD – Libreville (Gabon) – Le Conseil gabonais du patronat (CGP), sous l’impulsion de son président Francis Jean Jacques Evouna, a adressé un mémorandum de plaidoyer de « haut niveau » et confidentiel aux plus hautes autorités du pays , notamment au chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema et à son vice-président de la République Alexandre Barro Chambrier.

Pour l’organisation patronale, il faut mettre fin d’urgence à la marginalisation des structures patronales et sauver le tissu des Très Petites (TPE) et Petites et moyennes entreprises (PME) locales, asphyxiées par l’injustice économique.

Pour le CGP, la situation actuelle frôle l’absurde. Alors que le Gabon traverse une refondation historique, ses entrepreneurs locaux font face à un vide institutionnel important. Le patronat dénonce un « bannissement de facto » qui prive les créateurs de richesse de toute voix dans les décisions économiques du pays.

« Un pays qui n’écoute pas ses entrepreneurs condamne ses enfants à l’exil », prévient Francis Jean Jacques Evouna, qui réclame un partenariat public-privé loyal plutôt que des privilèges.

Le mémorandum dresse un état des lieux lucide de l’écosystème entrepreneurial gabonais, résumé en trois injustices majeures : l’exclusion des marchés publics, l’asphyxie financière et le déficit démocratique.

Pour le patronnât, les critères des appels d’offres (capitaux, garanties) sont calibrés pour les multinationales étrangères, excluant de fait les PME gabonaises. À cela s’ajoutent des délais de paiement de l’État supérieurs à 180 jours, intenables pour les petites trésoreries, une fiscalité écrasante et déconnectée de la réalité des TPE, combinée à un accès quasi impossible au crédit bancaire classique.

Le dialogue tripartite (État-Patronat-Syndicats) prôné par l’OIT est rompu. Les lois économiques s’écrivent sans les premiers concernés.

Loin de la simple plainte, le CGP propose un agenda de réformes chiffrées et immédiatement applicables, articulé autour de 5 mesures fortes :
1. Réhabilitation immédiate : Reconnaissance légale du CGP et intégration au Conseil Économique et Social sous 90 jours.

2. Préférence nationale : Réserver au minimum 30 % des marchés publics aux TPE/PME gabonaises et plafonner les délais de paiement de l’État à 45 jours.

3. Choc fiscal : Création d’un statut fiscal simplifié et exonération d’impôt sur les bénéfices pour les trois premières années des TPE.

4. Levier financier : Création d’un Fonds National de Garantie et de Financement géré conjointement avec les banques pour cautionner les projets locaux.
5. Accompagnement : Déploiement de Centres Régionaux d’Appui aux Entreprises (CRAE) dans chaque province.

Le Patronat propose un déploiement en trois phases, allant de l’urgence institutionnelle (0 à 90 jours) aux réformes structurelles (3 à 12 mois), pour finir par la consolidation du modèle sur 3 ans.
Le CGP place un grand motif d’espérance dans la sensibilité économique du Vice-Président Barro Chambrier, qualifié de « défenseur attentif », pour porter ce plaidoyer au sommet de l’État.

La balle est désormais dans le camp des autorités de Libreville pour réconcilier l’État avec ceux qui font tourner l’économie réelle du pays.

BM/PIM/ad/26


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