Gabon : les arriérés de salaires de la SAEG et d’AGROPAG dépassent 826 millions de FCFA

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AD – Libreville (Gabon)- Par Mozaya Madiba – La transition agricole annoncée par les autorités gabonaises commence dans le rouge.

La Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG), mise en place en 2024, doit être dissoute au profit d’une nouvelle entité, la Société agro-pastorale du Gabon (AGROPAG), créée en février 2026. Mais avant même son opérationnalisation, le nouvel ensemble hérite d’une dette salariale massive.

Une note interne du ministère de l’Agriculture, datée d’août et révélée par _Échos du Nord_, chiffre les impayés à 826,2 millions de FCFA. Une somme qui ne serait que partielle.

Le document détaille 736 millions pour l’ancienne structure, la SAEG, sans préciser le nombre de mois concernés, et 90 millions pour AGROPAG pour les seuls mois de mai et juin 2026. Autrement dit, à raison de 45 millions par mois, le compteur continue de tourner.

Au-delà du montant, c’est la structure de la dette qui interpelle. Toujours selon cette correspondance, 599 millions de FCFA sur les 736 millions dus par la SAEG concerneraient le personnel d’encadrement nommé, contre 137 millions pour les agents de terrain. Des proportions que l’administration n’a pas officiellement confirmées et qui nécessitent un audit indépendant.

Conséquence directe : l’outil de production est à l’arrêt. En l’absence de direction générale formellement désignée à la tête d’AGROPAG, aucune décision d’exploitation ne peut être prise, selon plusieurs sources internes. Sur le site de Ndendé, dans le sud du pays, des employés auraient quitté les plantations faute de rémunération et de moyens logistiques.

Sur le plan financier, la solution envisagée ne règle qu’une partie du problème. Une première enveloppe de 275 millions de FCFA a été évoquée pour apurer un tiers des arriérés. Le sort des 550 millions restants reste suspendu à un calendrier qui n’a pas été rendu public, malgré une rencontre entre le président du conseil d’administration et le chef de l’État.

Le dossier illustre un dilemme récurrent de la gouvernance publique gabonaise : faut-il renflouer avant d’assainir ?

Pour les observateurs du secteur, toute recapitalisation devrait être conditionnée à trois mesures préalables : la nomination d’un exécutif responsable, la publication d’un état actualisé et certifié de la dette à fin octobre, et la présentation d’un business plan opérationnel fixant les surfaces réellement exploitables et les objectifs de rendement.

A défaut, estiment-ils, AGROPAG risque de reproduire le schéma de la SAEG : une structure financée sur fonds publics sans modèle économique stabilisé.

Crédit photo : Gabon Daily News (GDN)

MM/PIM/ad/26


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