AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba- Le Syndicat des Enseignants de la Base (SEB) a effectué samedi à Libreville sa rentrée syndicale pour l’année 2026-2027, avec un mot d’ordre martelé par sa présidente, Honorine Angue Mintsa Ondo: « Nous sommes la décision, nous sommes la base ».
Dans une salle comble, réunissant délégués, représentants des coordinations provinciales et responsables syndicaux, le SEB a placé cette rentrée sous le thème « Le droit syndical, un héritage à conserver », entre solennité et revendications sociales.


Le ton a été donné dès l’intervention de Me Ange-Kévin Nzigou, conseil du syndicat. L’avocat a retracé l’histoire du syndicalisme gabonais, de la période coloniale au pluralisme des années 1990, rappelant que la liberté syndicale, consacrée par la loi n°022/2021 portant Code du travail et les conventions 87 et 98 de l’OIT, « n’est ni une faveur patronale, ni une concession administrative, mais un droit fondamental ».
Un héritage que la présidente du SEB entend faire vivre.
Face à ses troupes, Honorine Angue Mintsa Ondo est revenue sur une année difficile, marquée par les retards de rémunération, les situations de pré-salaire et les lenteurs administratives. Elle a salué la résilience des enseignants qui « malgré les difficultés, ont continué à assurer leur mission éducative ».

Pour la dirigeante syndicale, le SEB tire sa légitimité du terrain. « Le SEB est né de la Base. Et la Base, c’est vous », a-t-elle lancé, réaffirmant que le bureau national n’est que l’instrument de la volonté collective.
La présidente, dont l’organisation est sortie victorieuse des dernières élections professionnelles, a appelé à l’humilité et à l’unité. « Ni l’ancienneté, ni la province, ni le grade » ne doivent créer de distinction entre adhérents. Un message de cohésion interne avant d’aborder les chantiers à venir.
Au menu de la nouvelle année syndicale: la poursuite des dossiers de régularisation administrative, les mises en solde, les reclassements, les titularisations et les avancements. Une feuille de route qui place « la dignité de l’enseignant gabonais » au cœur des revendications.
« Nous ne demandons pas le privilège. Nous demandons la justice », a insisté Honorine Angue Mintsa Ondo, plaidant pour un syndicalisme de proposition, ferme sur le fond mais ouvert au dialogue avec les autorités.
La cérémonie, rehaussée par la présence du député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi et de plusieurs figures syndicales dont Ondo Edzo, a également mis à l’honneur les coordinations provinciales, relais essentiels du syndicat sur le territoire.

Entre célébration des anniversaires, partage du gâteau et repas fraternel, la rentrée s’est achevée sur une note conviviale, mais le message reste politique: pour le SEB, la force d’un syndicat réside d’abord dans sa base.
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