AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – Le ministère gabonais des Mines a frappé fort. Dans une décision datée du 19 octobre à Libreville, il annonce le retrait de dizaines de permis de recherche et d’exploitation aurifère à des entreprises jugées non conformes.
La mesure concerne des sociétés opérant dans huit provinces du pays : Ogooué-Ivindo, Ngounié, Woleu-Ntem, Ogooué-Lolo, Haut-Ogooué, Estuaire, Nyanga et Moyen-Ogooué. Parmi les entreprises citées figurent AGIL Gabon, Jin He Mining, Yin He Mining, Gabon Gold Mining, Global Mine Développement, Gold King Mining Gabon et plusieurs autres listées dans le communiqué officiel.
Suspension, audit, sanction
Cette vague de retraits est l’aboutissement d’un processus engagé il y a quatre mois. Le 22 juin 2026, le gouvernement avait suspendu sur l’ensemble du territoire national toutes les activités d’orpaillage en petite mine.
Un audit du secteur a ensuite été mené du 29 juin au 16 octobre. Verdict, selon le ministère : de nombreux titulaires de titres miniers ne respectaient pas leurs obligations légales et réglementaires.
Conséquence : leurs permis sont réintégrés dans le domaine public de l’État. Qu’il s’agisse de permis de recherche – qui autorisent à explorer une zone pour y déceler des gisements – ou de permis d’exploitation – qui permettent d’extraire effectivement le minerai -, les droits sont annulés.
Poursuites judiciaires en cas de non-respect
Le communiqué ne détaille pas, société par société, la nature des manquements constatés. Il établit simplement que le non-respect des règles du secteur a motivé la sanction.
Les effets sont immédiats : les entreprises visées ne peuvent plus légalement intervenir sur les périmètres concernés. Leurs travaux d’exploration, projets d’extraction et investissements liés à ces titres sont directement affectés.
Le ministère prévient : toute poursuite d’activité sur ces zones malgré le retrait exposera les contrevenants à des poursuites judiciaires.
Cette décision marque une volonté affichée de Libreville de reprendre la main sur un secteur aurifère longtemps pointé pour son opacité et son exploitation anarchique, et de réaffirmer la souveraineté de l’État sur son sous-sol.
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