AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba – Au Gabon, le gouvernement veut transformer ses forêts en emplois. C’est la mission confiée au nouveau ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, Axel Jesson Ayenoue.
Sa nomination intervient alors que Libreville cherche à relancer les secteurs hors-pétrole, érigés en priorité de la Ve République.
Sur le papier, le potentiel est immense. Le Gabon compte 13 parcs nationaux et abrite une faune parmi les plus préservées du continent. Dans les faits, le secteur pèse encore peu. En 2025, le pays a accueilli moins de 15.000 touristes internationaux pour des séjours de loisir, selon les estimations du secteur, loin derrière le Rwanda ou le Kenya.
Pour les opérateurs, l’équation est simple : le produit est là, mais l’accès et l’offre font défaut.
« On ne peut pas vendre une destination à 1.500 euros le billet aller-retour, sans hôtels aux normes et sans circuits structurés », confie un tour-opérateur basé à Libreville.
Le ministre devra donc s’attaquer à trois chantiers : baisser le coût de la desserte, mettre aux normes les infrastructures et simplifier les visas.
L’autre front est celui de l’artisanat. Sculpture, vannerie, textile, joaillerie : le savoir-faire existe mais reste invisible. Faute de statut, de financement et de circuits de distribution, la majorité des artisans évoluent dans l’informel.
« On nous appelle pour les foires, puis on nous oublie. Nous n’arrivons pas à vivre de notre métier », témoigne une artisane du marché de Mont-Bouët.
Pour l’exécutif, l’objectif est de transformer cette créativité en chaîne de valeur. Il s’agit de passer de l’objet souvenir vendu à la sauvette à un produit labellisé « Made in Gabon », traçable et exportable.
Reste la question des moyens. Sans crédits dédiés, sans formation et sans protection des œuvres, la relance risque de se limiter à des campagnes de communication.
A Libreville, les professionnels attendent désormais des actes : des lodges dans les parcs, des routes d’accès, des lignes de crédit pour les artisans, et un label national.
C’est à ce prix, estiment-ils, que le « dernier paradis vert » pourra devenir un moteur de croissance inclusive.
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