AD – Libreville (Gabon) – Par Mozaya Madiba- Alors que la question de l’immigration s’invite avec virulence dans le débat public gabonais, une voix tranche avec le discours ambiant. Dans une lettre ouverte adressée aux citoyens, aux résidents étrangers et aux dirigeants, l’entrepreneur et analyste Michel Junior Ongoundou Loundah plaide pour une souveraineté par la compétence, et non par le rejet.
Son postulat est clair : « La vraie protection de l’identité nationale, c’est la compétence ».
Pour l’auteur, le débat est légitime – contrôle du territoire, emploi, cohésion sociale – mais il est mal posé lorsqu’il désigne l’étranger comme responsable de tous les maux.
« Maîtriser l’immigration ne signifie pas désigner les étrangers comme responsables de toutes nos difficultés », écrit-il, appelant à ne pas détourner l’attention des « véritables problèmes : insuffisance des emplois, inadéquation des formations, faiblesse de certaines institutions ».
L’entrepreneur défend une ligne de fermeté républicaine : le Gabon a le droit souverain de contrôler ses frontières et de sanctionner les infractions. Mais cette fermeté doit s’appliquer à tous, sans deux poids deux mesures.
« Un étranger en situation irrégulière doit répondre de sa situation conformément à la loi. Un employeur qui contourne la réglementation doit également être tenu responsable », insiste-t-il. « Un employeur gabonais qui fraude ne doit pas être exonéré au motif qu’il est gabonais ».
Au cœur de sa tribune, un plaidoyer pour la jeunesse gabonaise. Pour Michel Junior Ongoundou Loundah, proclamer la préférence nationale sans investir massivement dans le capital humain est un leurre.
« La jeunesse ne demande pas seulement des discours sur le patriotisme. Elle attend des perspectives concrètes », souligne-t-il, appelant à renforcer la formation professionnelle, les compétences techniques et numériques, et à lutter contre le favoritisme qui pénalise les candidats gabonais qualifiés.
Quant à l’expertise étrangère, il refuse le choix binaire entre fermeture et dépendance. Elle doit être encadrée, utile, et conditionnée au transfert de compétences.
« L’objectif ne doit pas être de rendre le pays dépendant d’une expertise extérieure permanente, mais de transformer cette expertise en capacité nationale durable », affirme-t-il.
Il propose enfin un « pacte national autour des compétences » en sept points : produire des données fiables sur les flux migratoires, appliquer la loi avec équité, former massivement, encourager les entreprises à faire progresser les talents nationaux, et promouvoir un débat public « fondé sur les faits, respectueux des personnes ».
Sa conclusion résume sa philosophie : « Gabon d’abord, par la dignité ».
« La véritable question n’est pas seulement de savoir qui entre au Gabon. Elle est de savoir quel Gabon nous voulons construire », conclut-il.
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