Réforme de la Fonction publique : Laurence Ndong face au défi de la concrétisation sociale

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AD  – Libreville (Gabon) – Par Niantou Tchitembo : À l’issue d’une séance de travail de plus de trois heures tenue le mercredi dernier  avec la centrale syndicale Dynamique Unitaire, la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a engagé la phase décisive d’explication de sa grande réforme administrative.

Ce chantier vise à remplacer la loi n°08/91 de 1991 (Statut général des Fonctionnaires) et la loi n°01/2005 de 2005 (Statut général de la Fonction publique) par deux nouveaux textes cadres.

Au cœur ce projet figure une rupture doctrinale : l’abandon de l’avancement quasi automatique à l’ancienneté au profit d’un système axé sur la performance et la reconnaissance du mérite.

Inspirées d’une étude comparative menée sur 21 pays, les nouvelles dispositions prévoient:
Un nouveau mode d’évaluation des agents par l’intégration de grilles d’évaluation axées sur la performance individuelle, voire l’appréciation par les usagers du service public et l’évaluation managériale transversale, l’équité de traitement qui consistera à harmoniser les règles de recrutement, des concours et de l’avancement professionnel pour lutter contre le favoritisme, enfin, la mise à jour des grilles statutaires qui prendra en compte des métiers émergents, du numérique et des garanties d’accès aux carrières.

Si le bureau exécutif de Dynamique Unitaire, conduit par son vice-président Blaise Nkogo Meye, a salué le dialogue direct, mené avec le ministre de la Fonction publique, la portée réelle du texte suscite des interrogations parmi les partenaires sociaux : Quels seront les critères objectifs de la mesure du « mérite » pour éviter que l’évaluation subjective d’un supérieur hiérarchique ne se transforme en arbitraire ? La réforme s’accompagnera-t-elle d’un apurement définitif des rappels de solde, des avancements bloqués et de la régularisation des situations administratives accumulées depuis des années ? Et bien d’autres …

En réponse à un multiples zones d’ombres présents chez certains travailleurs, le ministre de la Fonction publique envisage le lancement d’une caravane nationale de pédagogie pour présenter les arbitrages sur l’ensemble du territoire avant la validation finale des projets de lois.

La modernisation de l’administration gabonaise s’inscrit dans le cadre de la transition institutionnelle issue de la Constitution du 19 décembre 2024 et de l’avènement de la 5e République.

Le cadre légal du travail public reposait sur des textes vieux de 20 à 35 ans, devenus inadaptés aux exigences de gestion moderne de l’État.

Dans ce contexte, la concertation avec Dynamique Unitaire, l’un des syndicats les plus revendicatifs du secteur public, constitue un baromètre pour la paix sociale et la concrétisation des réformes d’État.

NT/PIM/ad/26


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