Bénin: un septuagénaire échange une parcelle contre des repas au restaurant

AD – Libreville (Gabon) – A 75 ans, un homme dans la commune d’Abomey-Calavi au Bénin, a choisi de mettre sa parcelle en garantie afin de s’assurer des repas quotidiens dans un restaurant de quartier.
Selon les informations rapportées par Palabre au quotidien jeudi, la valeur de la terre, estimée à 25 millions de francs CFA, couvre un accord qui lui permet de déjeuner sans contrainte, loin des soucis domestiques.
Chaque midi, le septuagénaire profite d’un service complet de repas, allant du riz sauce graine au foutou, sans jamais se soucier de la monotonie des repas à la maison. Une véritable « convention gastronomique » dont la famille n’a été informée qu’après plusieurs mois au Bénin.
La découverte de cet arrangement a provoqué un tollé. L’épouse, surprise et indignée, a convoqué les six enfants pour contester le choix de leur père. Ces derniers qui comptaient sur l’héritage de la parcelle, voient désormais leurs espoirs menacés.
Face à la situation, un recours en justice n’est pas exclu. En attendant, l’homme continue de savourer ses plats au restaurant, imperturbable aux débats familiaux.
« Mes enfants, mon épouse, je sais que ce que vous avez appris vous a bouleversés, et je ne vous en veux pas pour vos réactions. Mais permettez-moi de vous dire, avec le cœur d’un père et d’un homme fatigué, que ce choix n’est pas une folie, ni un caprice. C’est une décision mûrement réfléchie », renchérit l’homme, dans le journal Le leader info.
J’ai travaillé toute ma vie. J’ai peiné pour construire, pour nourrir, pour éduquer. J’ai fait des sacrifices, parfois silencieux, souvent solitaires. Et aujourd’hui, à 75 ans, je n’aspire plus à posséder, mais à vivre avec un minimum de dignité et de sérénité poursuit-il.
La maison est devenue trop silencieuse. Le regard change, les attentions s’effacent. Mais dans ce petit restaurant de quartier, on m’accueille avec le sourire. On me demande ce que je veux manger. On m’écoute. On me considère. Et croyez-le ou non, ce simple moment-là, ce repas chaud, cette routine humaine… cela n’a pas de prix à mes yeux.
J’ai mis cette parcelle en garantie, oui. Parce qu’à quoi me servirait-elle si je dois mourir frustré et oublié dans ma propre maison ? Vous pensez à l’héritage, moi je pense à mon présent. Car c’est tout ce qu’il me reste. J’ai toujours donné sans compter. Aujourd’hui, j’ai choisi de me donner à moi-même, enfin.
« Vous voulez contester ? Allez-y. Je ne vous retiens pas. Mais souvenez-vous que ce terrain n’était pas un dû, c’était un bien que j’ai acquis à la sueur de mon front. Et aujourd’hui, il me sert à m’assurer une chose simple : ne pas vieillir dans l’indifférence. Je vous aime, mais je m’aime aussi. Et ce choix, je le fais pour moi », a conclu l’homme.
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