Gabon-presidentielle: pourquoi la candidature de Jean Rémi Yama s’impose (Par Martial Idoundou, journaliste)

AD – Libreville (Gabon) – La présence de Jean Rémy Yama parmi les candidats à l’élection présidentielle du 12 avril prochain se justifie pour au moins deux raisons. Hormis le fait que, dans son recours à la Cour constitutionnelle, l’ancien leader syndical a fourni une pièce que le ministère de l’Intérieur lui réclamait pour la validation de sa candidature, le contexte gabonais actuel rend sa voix nécessaire.
Il ne serait pas exagéré d’affirmer que celle-ci est incontournable.
A son corps défendant, JR Yama est complémentaire du président-candidat. Nous disons bien à son corps défendant car, même si rien n’est à exclure en politique, il n’y a pas encore l’ombre d’une connivence entre lui et Brice Clotaire Oligui Nguema (C’BON).
Il critique le chef de l’Etat franchement et durement, mais, fort heureusement, il le fait courtoisement aussi.
Sans qu’ils se soient entendus au préalable, JR Yama dit tout haut ce que C’BON pense tout bas ou, du moins, il prépare les esprits à ce que le président de la transition sera obligé de faire s’il est élu président de la République. C’BON ne sera pas tendre envers certains qui lui apportent leur soutien aujourd’hui.
Nul n’ignore que c’est le président de la transition qui ordonné la mise en liberté de JR Yama et l’a nommé parlementaire de la transition. Mais Yama ne s’empêche pas de critiquer certains choix de son bienfaiteur qu’il juge inappropriés ou inopportuns.
En propulsant des jeunes, et des novices en politique, à la tête de son mouvement, le Rassemblement des bâtisseurs, C’BON a délivré un message subliminal. Le jeune quinquagénaire compte travailler au renouvellement, par le rajeunissement, de la classe politique gabonaise ankylosée. Il n’a pas tort car la remarque que ressasse Alain Claude Bilie By Nze, le dernier Premier ministre du régime déchu, ne manque pas de sens : « Comment peut-on gouverner avec ceux qu’on accuse d’avoir saccagé le pays ? » En effet, le casting de C’BON n’est pas bon à certains coups. A mettre sous le coup de la transition, que l’on a voulue inclusive. A mettre sous le coup des erreurs d’apprentissage du militaire désormais en politique.
Attention, cependant, à ne pas tomber dans l’autre extrême qu’est le jeunisme, au motif qu' »on ne peut pas faire du neuf avec du vieux ». Il y a, dans ce Gabon, des vieux plus compétents et plus vertueux que certains jeunes loups aux dents très longues qui ont les yeux de Chimène pour les finances publiques.
Il est attendu de C’BON qu’il s’emploie à la réduction du train de vie de l’Etat, afin de dégager des marges d’économie et mettre enfin l’argent du contribuable au service du bien-être des Gabonais. C’est leur argent et non pas celui des gouvernants. Il faut mettre l’argent dans la construction du pays.
Libreville, la capitale, est un bidonville, à comparer à Dakar, au Sénégal, où C’BON a vécu. S’il ne se met pas au service de son peuple, il va sortir du cœur des Gabonais, il va sortir de la scène politique par une lucarne, disons un trou de souris. De prime abord, ce n’est pas l’issue qu’il se prévoit.
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